Entretien avec Ouidad Elma : Embrasser mes convictions sur la terre de mes origines

Ouidad Elma est une actrice franco-marocaine qui impressionne, aux premiers abords, par son allure et son style. En effet, le rôle dans « les ailes de l’amour » d’Abdelhaï Laraki semblait avoir été taillé sur mesure : jeune, provocateur et esthétique. L’actrice qui sera à l’affiche du prochain film de Narjiss Nejjar, mais aussi dans le trés attendu Zéro de Nourredine Lakhmari se confie pour Artisthick. Rencontre avec Ouidad Elma, la nouvelle révélation du cinéma marocain que l’on arrête plus.

En tant qu’artiste franco-marocaine, le choix du cinéma marocain s’est fait naturellement ou par opportunité ?

Le choix du cinéma marocain ne s’est ni fait naturellement ni fait par opportunité. Mon choix s’est fait par conviction. Après la lecture du scénario, j’ai réfléchis longuement avant de décider de faire ce film « Les ailes de l’amour ». Jouer un personnage, étendard d’amour et de liberté dans mon pays a été comme embrasser mes convictions sur la terre de mes origines…J’ai décidé de rester libre dans la création artistisque et encore plus quand ça en devient une nécessité.

Que pensez-vous du cinéma marocain d’aujourd’hui ?

Je suis tellement fière du cinéma marocain, jeune, belliqueux, parfois estropied, mais tellement fort, fragile, et intense. La nouvelle dynamique doit s’imposer, c’est un sublime papillon qui va naître de cette chrysalide …

Néanmoins, ce qui m’insupporte le plus dans le cinéma marocain c’est quand les casquettes se mélangent; le système de production pourrait se dissocier du département de la réalisation pour plus d’efficacité. Le cinéma marocain, cet adolescent se cherche et se réalise. Il y a des acteurs d’une générosité infini, c’est fou plusieurs avec qui j’ai travaillé sont d’une profondeur insondable.

Ayant joué dans le film Les ailes de l’amour d’Abdelhaï Laraki qui est un film qui brave quantité d’interdits, êtes vous de nature une révoltée ?

( Rires ) C’est d’une évidence! Je ne serais pas actrice au Maroc sinon. C’est un double combat en tant qu’individu d’être femme et artiste. Pour combiner les deux il faut soit être fêlé soit inconscient.

Vous avez tourné dans le dernier long métrage de Nourredine Lakhmari « Zéro », parlez nous du tournage et de vos impressions ?

Le dernier tournage de Nourredine Lakhmari, a été un tournage mémorable. Le sujet du film est excitant, frémissant, poignant. Les acteurs sont extraordinaire, et Nourredine est un des metteurs en scène qui ne triche pas. Un bonheur d’avoir partagé cette aventure intemporelle, d’avoir participé à ce projet , ce film m’a marqué…

Quels sont les comédiens qui vous ont inspiré ?

La force et l’animalité de Marlon Brando (rires). Mon père m’a humecté de tous ses films toute petite, s’en est un grand fan!

Humphrey Bogart pour sa brusquerie et son insolence, Paul Newman pour son intelligence de jeu, Steve McQueen pour son indomptable allure, et Sean Penn pour sa capacité à se renouveler indéfiniment. Chez les Actrices, Vivien Leigh reste pour moi  actrice d’une grâce divine, son jeu m’émerveillera toujours. Meryl streep pour ses rôles marquants et son perfectionnisme.J’aime beaucoup Jodie foster pour sa sensibilité, Natalie Portman également.

En visitant vos pages sur Twitter et Facebook. On remarque très vite que de par les différentes photos, une certaine tendance pour le monde de la mode. Envisagez-vous une carrière dans le milieu ?

Non vraiment pas, la mode, je ne compte pas du tout m’y projeter.

Un dernier mot pour les lecteurs d’Artisthick.ma ?

A la fin, la seule chose qui importe, c’est l’art , Sa vérité qui découle de sa liberté. Tout le reste, les commentaires, les miens ou ceux des autres, ce n’est rien ou presque, ca ne peut rien contre la vérité nue de notre art.

Remerciements: Otmane Berrada