Your luxury is our misery : Kidult, le graffeur anti-luxe

  • Arts 
  • mardi 8 décembre 2015 à 18:45 GMT

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Tout de noir vêtu, le visage masqué par une tête de mort sous une capuche, Kidult sillonne les rues des grandes villes du monde, bardé de ses bombes à peinture. Il hurle son mépris des grandes marques sur les façades des boutiques, explose sa haine du luxe à coup d’extincteur en peinture rouge sang sur les vitrines des grandes enseignes. Kidult est en guerre contre les valeurs de la société capitaliste. « Your luxury is our misery, destroy what destroys you ». Portrait d’un personnage fascinant de l’univers du street art.

A l’image de Banksy, son identité reste secrète. Kidult est anti-conformiste, anti-capitaliste et anti-luxe, il est révolté par le matérialisme, l’hyper-consommation, les inégalités sociales et la pauvreté dans le monde qui profite aux riches. Sa haine du luxe s’attise encore plus lorsque le graffiti est récupéré par la mode à des fins commerciales : de grandes marques s’emparent des codes du graffiti et s’en inspirent pour leurs collections de prêt-à-porter. Kidult refuse cette appropriation du street art par la mode qu’il juge absurde et hypocrite et décide alors de les combattre en retour afin de défendre sa vision du graffiti et de détruite la leur, dans « le grand théâtre de guerre » comme il aime appeler la ville. Selon lui, le graffiti appartient à la rue, c’est une protestation, une rébellion, un cri de colère qui est par essence libre, illégal et insolent. « Ils ne gagneront jamais les rues, nous sommes les rues !  » prévient-il.

Ces grandes marques prétendent aimer le graffiti ? Kidult ne fait que les servir. Il attaque en série les vitrines de Louis Vuitton, Louboutin, Hermès, Yves Saint Laurent, JC/DC, Agnès B, Colette et détourne nombreuses affiches publicitaires comme celles de Supreme et de Chanel.

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La lutte de Kidult n’est pas pour autant finie. En 2012, Marc Jacobs joue le jeu et réutilise le tag de Kidult en commercialisant des t-shirts sur lesquelles figure une photo de sa boutique taguée : un bon coup marketing. Mais l’enfant terrible du street art ne compte pas céder pour si peu. Plus tard, c’est Chanel qui lui propose une collaboration et lui demande l’autorisation d’acquérir une de ces installations pour le Chanel Art. Son refus est net : il leur crache à la figure.

Difficile de dissocier les graffitis de Kidult du vandalisme. En s’en prenant violemment à l’espace public, le street-activiste ne cherche pas à faire du beau mais à agresser, provoquer et faire le plus de dégâts possibles afin de diffuser des messages politiques et d’éveiller les consciences. Le street art devient alors un moyen puissant de propagande.

Pour rejoindre l’armée de Kidult et suivre son combat, c’est par ici.