Watch The Throne, track par track

Un an après l’annonce d’un album réunissant les deux monstres du rap que sont Jay Z et Kanye West, l’un des opus les plus attendus de l’année est enfin là. Rien ou presque n’a filtré sur la sortie de l’album. Les deux rappeurs ont même réussi à empêcher que leur album ne leak sur le net avant sa sortie officielle; une prouesse dans le monde de la musique aujourd’hui. Artisthick vous offre quelques heures après la sortie de Watch The Throne, une critique track par track de l’album.

1. « No Church in the wild » : Un premier track plutôt sombre -le ton est donné-, et The Throne en featuring avec un Frank Ocean plus autotuné que jamais signent un titre d’ouverture où l’on parle de coke et de sexe. Watch The Throne est lancé, l’empreinte musicale de Kanye West est plus présente que jamais, avec des arrangements astucieux et une orientation opéra-rock, un Jay Z comme acteur principal, faisant la différence comme à chaque fois qu’il rappe.

“What’s a king to a God ? / What’s a god to a non-believe ?”

2. “Lift Off” (f/ Beyoncé) : Un titre très musical, une chanson taillée à la mesure de Beyoncé et vraisemblablement ce qui devrait être l’un des moments forts de la tournée de The Throne.

“Take it to the moon and stars, takin’ it to Mars”

3. « Ni**gas in Paris » : L’alchimie entre Jay Z et Kanye est parfaite, Ni**gas in Paris commence lentement avec des beats old school, qui nous rappellent le premier Blueprint de Jay Z, puis le titre est coupé par la voix de Will Ferrell dans « Blades of Glory », et on a ensuite droit à un échange entre les deux acolytes de The Throne sur un instrumental différent et plus rythmé.

“That shit crack / ball so hard”

4. « Otis«  :  On en a déjà parlé, sur un classique d’Otis Redding, Jay-Z & Kanye West se déchaînent dans ce qui pourrait être le titre le plus joyeux de Watch The Throne

« I invented the swag »

5. « Gotta Have It »: Une production des Neptunes, on retiendra la phrase d’anthologie signé Kanye West “Hello white America, assassinate my character…”

6. « New Day » : The Throne riment sur ce qu’ils feront et ne feront pas pour mieux élever leur enfant. Ye rappe en promettant de faire de son enfant une bonne personne sans égo, pensant même à en faire un républicain pour qu’il puisse aimer les personnes de couleur blanche. On reconnaîtra au refrain le sample de Feelin Good de Nina Simone “It’s a new day / it’s a new life for me” sur un riff de guitare digne d’un titre des Pink Floyd.

“I’ll never let my son have an ego / I make sure he act nice wherever we go / Maybe even make him be a Republican…”

7. « That’s My B**ch »: Du rap old school à la sauce Jay et Ye.

« About to go dumb, how come? yeah, that’s my b**ch. »

8- “Welcome to The Jungle” : Le thème de la chanson : la crise existentielle d’un gangster qui échappe à la vie, et la dépression qui suit le succès. Un titre produit par Swizz Beats.

“My tears are tatted / rag in my pocket”

9. « Who Gon Stop Me » : Personne n’arrêtera The Throne, et ils le crient. Le groupe profite de l’occasion pour régler leurs comptes avec les rageux.

« This is something like a holocaust/ Millions of our people lost. »

10. « Murder to Excellence » est une méditation sur le Black on Black Murder. The Throne prouve que le rap, c’est avant tout faire passer des messages de haute portée. Une deuxième partie de la chanson parle de la Black Excellence .“Black Excellence, truly yours”

« Cause ain’t nothin on the news but the blues. »

11. « Made in America » : Une belle mélodie et un refrain prenant, interprétés par la voix soul de Frank Ocean. Un bel hommage à celles et ceux qui ont fait l’Amérique. Jay Z rend hommage à sa grand mère et Kanye à sa rencontre avec son producteur No ID.

« Sweet King Martin, Sweet Queen Coretta, Sweet Brother Malcolm, Sweet Queen Betty, Sweet Mother Mary, Sweet Father Joseph, Sweet Jesus, We made it in America »

12. “Why I Love You (f/ Mr. Hudson)” : Dernier titre. Le rideau se ferme sur une chanson à la sonorité rock avec une touche lyrique qui caractérise les dernières productions de Kanye West.

« Got a pistol under my pit bull. »

Watch The Throne a tenu toutes ses promesses, la marque de The Throne est désormais là. Si cet album devait être un film cela serait sans aucun doute un Coppolla, avec les stéréotypes et les gangsters en moins. Que l’on aime le rap ou pas, peu importe, il s’agit là d’un album bien maîtrisé et qui a tout pour plaire. Un disque à mettre rapidement dans toutes les oreilles.