Visa For Music : nos cinq coups de coeur

Rabat a vibré la semaine dernière du 11 au 14 Novembre 2015 sous les rythmes des différents artistes venus animer la deuxième édition de Visa For Music, cette rencontre culturelle qui a pour objectif de mettre en valeur les artistes d’Afrique et du Moyen-Orient, principalement dans les musiques du monde et musiques actuelles. Ce rendez-vous incontournable a mis en scène des artistes dont les styles et nationalités diffèrent, mais dont la passion commune pour la musique a fait des différentes salles, de la Renaissance ou celle du théâtre Mohammed 5, de réels lieux d’échanges et de rêves, et dont la générosité extrême a rendu chaque concert une aventure musicale qui a transporté les spectateurs au-delà des limites physiques des salles de concert et les a fait voyager dans une rêverie musicale sans pareille.

Retour sur les coups de cœur de cet événement riche en émotions :

Blick Bassy

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Le camerounais Blick Bassy est un musicien élégant, qui a sorti son troisième album, « Akö », chez le prestigieux label « No Format ! ». Salué par la critique et actuellement en tournée européenne, ce disque confirme le talent de l’enfant du pays qui a percé à l’étranger. Après deux disques festifs et sophistiqués, Blick Bassy propose sur ce nouveau projet un minimalisme dans l’air du temps, empruntant à la fois aux éléments acoustiques et électriques, et inspiré par le blues ancestral de Skip James tout comme de sa culture natal.

Un public ému s’est laissé transporter par la douce voix de l’artiste Blick Bassy, qui a réussi à toucher ses spectateurs lors de la soirée d’ouverture de Visa For Music au théâtre national Mohammed 5. ses mélodies de guitare intimistes n’ont eu aucun mal à atteindre un public réactif à ces pulsations qui ne sont pas sans nous rappeler un jazz qui nous vient de New Orléans. Grace à un accompagnement minimaliste où le banjo se joint au trombone puis se mêle à sa voix éthérée qui n’est pas sans nous rappeler Skip James, Blick Bassy nous emmène à travers ses balades d’une mélodie africaine entraînante au blues mythique des berges du Missisipi, racontant une belle histoire de tolérance, d’amour et de solidarité.

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Cairokee

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Formation cairote fondée par des amis d’enfance, Cairokee se définit comme le premier groupe de rock égyptien authentique. Depuis 10 ans, le groupe a développé son répertoire et une véritable fan base en Égypte avec des textes accrocheurs et des musiques originales, et fait une belle tournée régionale en 2011 après le succès du hit « Sot El Horreya ». Il multiplie depuis les singles à succès et les collaborations avec de grands poètes et de grands noms de la nouvelle scène arabe.

Ceux que l’on appelle les « Adil Imam de la scène musicale égyptienne  » ont ravi leurs fans r’batis avec l’interprétation de leurs tubes les plus connus sur la scène du théâtre Mohammed V. Ce groupe égyptien, dont le nom est inspiré du mélange des deux mots Caire et Karaoké, un mélange qui traduit la volonté du groupe de chanter avec le Caire. Cairokee a chanté ce mercredi 11 novembre avec Rabat, la voix du public ne formant plus qu’une avec celle du chanteur, qui à l’instar de tout le groupe, a démontré une générosité sans retenue vis à vis de son public. Des paroles poignantes attribuées à des mélodies rock puissantes, une performance submergeante, un pubic passionné a rendu cette expérience musicale forte en émotions: s’en dégagent , l’envie de liberté, d’émancipation, de vaincre l’injustice mais aussi une sincère invitation à aimer, à croire en l’avenir et à espérer que demain sera meilleur.

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Arash Khalatbari


C’est à la Réunion ou il vit depuis 2011, qu’Arash Khalatbari poursuit son chemin musical. Une carte postale électro-world riche de ses nombreux voyages, réels ou intérieurs. Son univers sonore se construit entre musique avant garde de la scène allemande des années 70 et les sons traditionnels du monde.

Les festivités de VFM se poursuivent aussi au Grand Comptoir, ce repère incontournable de la night life r’batie, où Arash Khalatbari a occupé les platines le mercredi 11 Novembre, et a rencontré une audience qui a complètement adhéré à son art. Une musique métisse, qui puise son inspiration dans les 4 coins du monde, et brosse un tableau aux consonances à la fois urbaine et universelle. Une mélodie forte se définit par les machines côtoient percussions, flûtes, instruments à corde. Sa musique africaine se mêle à l’oriental et au rythme ternaire créole. Des influences ethniques diversifiées font de sa musique une balade pleine d’imprévus et de surprises.

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Elida Almeida

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Elida Almeida a 22 ans et a connu une enfance difficile dans son Cap-Vert natal. Aujourd’hui, la jeune artiste conjure le sort avec un album riche et lumineux où ses influences folk et traditionnelles ont été savamment arrangées par le guitariste Hernani Almeida. « Ora doci Ora margos », sorti en décembre 2014 sur l’île et courant 2015 dans le monde, est une belle preuve du talent rare de compositeur et d’auteur d’Elida, dont la voix fragile et extrêmement touchante, reflète un vécu qui mérite d’être conté !
C’est au plus grand bonheur des capverdiens présents que Elida Almeida et son groupe de musiciens se sont produits sur la scène Bahnini. Des mélodies entraînantes ont plongé le public dans une euphorie contagieuse, et la salle s’est instantanément transformé en une piste de danse effervescente. Elida a fait la rencontre d’une audience passionnée, réactive, généreuse et qui a activement contribué à rendre ce show une expérience musicale riche en échanges.

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La Bronze

Alliage contrasté, l’auteure-compositrice-interprète La Bronze fait vibrer par sa musicalité pop aux accents trip-hop. Sa pop-rock aux scintillements électro évoque un hymne où douceur et fougue se réunissent. Ses textes traitent de passion, de vérité et de quête de liberté. Son timbre envoûtant dénude une poésie unique et assumée. Forte de nombreuses récompenses, Nadia Essadiqi, alias La Bronze, dont l’album éponyme est paru en 2014, est nommée en 2015 aux Canadian Music Week Awards comme « Artiste émergente francophone de l’année ».

Le public r’bati est venu en masse pour assister à la prestation de La Bronze, qui après a fait le tour des réseaux sociaux après la reprise en arabe de la magnifique chanson de Stromae: Formidable. La Bronze n’a pas seulement su rendre un bel hommage à ce tube, mais aussi lui conférer une nouvelle dimension toute particulière, profonde et attachante, grâce à sa très grande sensibilité dans l’interprétation , et à cet accompagnement subtil qui fait ressortir sa voix émouvante. Ce titre si familier aux oreilles du public se révèle sous un autre angle, gagne en grâce et en finesse. Formidable est le moins qu’on puisse dire de la prestation de La Bronze, qui a su ravir ses auditeurs par sa générosité et sa très grande sensibilité.

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