Une persane à Marrakech

L’Ours d’argent à la Berlinale de 2011. C’est avec cette récompense qu’ont été primés les acteurs du film iranien « Une Séparation ». Pour leur courage, et pour la beauté qui a pu se dégager de chacun de leurs rôles. Ce fut aussi pour leur jeu qui a su aller au bout du projet qui leur avait été conféré : Celui de refléter le petit quotidien de la société iranienne. Pari tenu, pari bien plus que réussi. Pour le besoin de cet article ainsi que les conjonctures qui s’offrent à nous, il convient de retenir de ces acteurs, que la splendide et belle persane : Leila Hatami.

La quarantaine, les cheveux roux, Leila est tout simplement une actrice pas comme les autres. Elle a fait, il y a de là quelques années, le dur choix de rester en sa mère patrie, d’y faire grandir sa progéniture, et surtout d’y professer la passion de sa vie : Le cinéma pour ainsi essayer de devenir ainsi une actrice libre, en une dictature loin d’en arriver à humer la liberté. Leila a aussi en ce mois, choisi de laisser sa petite vie de côté et de venir, ici, au Maroc pour faire parti du Jury du festival international du film de Marrakech. (FIFM) Et pour cela, de l’expérience, elle en a.

D’ailleurs, le cinéma, elle y a tout simplement baigné depuis sa plus tendre enfance. Comme elle se plait si joliment à dire, « j’ai commencé dans le ventre de ma mère ». Car en plus de sa mère, actrice célèbre à l’époque mais qui hélas s’était vue interdire d’exercice peu de temps après la révolution islamique, il y a aussi son père. Réalisateur reconnu à la renommée incontestable qui apportait de temps en temps avec lui sur le plateau, une certaine petite Leila…

Au-delà de son enfance cinéphile, il y a aussi sa petite carrière qu’elle avait déjà commencée en tant que personnage secondaire ou simple figurant dans quelques films à son père. Une carrière qui ne tardera pas à être ornée de quelques titres et récompenses. Ainsi le Diplôme d’honneur de la meilleure actrice du 15e Festival du Film Fajr lui est décerné pour son rôle dans Leila. Quelques années après, elle reviendra pour décrocher la récompense de meilleur actrice du 26e festival des films du monde de Montréal, pour cette fois-ci  pour un rôle dans La station désertée.

Bande annonce du film  » Une séparation » :


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Avec cette petite carrière d’ores et déjà dorée, Une séparation vient alors pour couronner un peu le tout, et pour étendre sa renommée au-delà des frontières. Se faire connaître, et porter en quelque sorte le lourd fardeau des femmes iraniennes au cinéma.

Avec un talent de cette envergure au sein du cinéma iranien, la censure n’a tout simplement qu’à bien se tenir.