Une Fleur Du Désert : Un hommage

Le film revient sur l’histoire vraie du top model, Waris Dirie. Une jeune fille de Somalie, excisée comme ses paires à l’âge de 5ans. Elle grandira alors avec ce manque, qui lui paraitra comme chose normale, mais dont toutefois il n’est pas des plus commodes d’en parler.Jusqu’à ses 13ans, où son père décidera de la marier. Elle refusera, et s’enfuira pour marcher pendant des jours en plein désert, pieds nus et assoiffée. Elle finira par atterrir chez sa grand-mère qui ne tardera pas à son tour, à l’envoyer vers une toute nouvelle destination : Londres. Elle y arrive sans connaitre un mot en anglais, et passera six années à l’ambassade de Somalie, comme  petite domestique à tout faire. Pire encore, elle y sera traitée comme une moins que rien et privée de ce fait de ses années d’adolescence.
Cette maltraitance s’estompera quand fermera l’ambassade en conséquence d’une guerre qui a éclaté en Somalie. Waris, se retrouve alors en plein centre de Londres,  ne sachant toujours pas parler anglais. Elle errera en jeune et solitaire SDF jusqu’au jour où finira par se lier d’amitié avec une Marilyn croisée au hasard.

Dès lors, après quelques rencontres, elles aussi hasardeuses, la vie de cette jeune somalienne dont la taille et la longueur avait considérablement et merveilleusement changées, prendra un nouveau détour. Elle enchainera les castings et étonnera plus d’un de par ses formes recherchées et son attirante couleur de peau. Elle ne tardera pas, comme l’a pu lui prédire moult spécialistes à devenir une icône tant convoitée. Mannequinat, strass, paillettes et voyages, tout se suit irrémédiablement vite au point que l’on n’en oublie qu’elle n’était, il n y a pas de là une décennie, qu’une petite somalienne qui marchait en plein désert.

Tout va pour le mieux en quelque sorte, jusqu’à ce qu’un de ses handicaps refasse surface. Celui de son excision. Une ablation qui ne lui laisse aucunement le bon plaisir de gouter à la saveur du sexe et encore moins à en ressentir les légendaires vibrations. Plaisir qui est ô combien accessible au vu de ses innombrables prétendants. Débute alors, un périlleux cheminement vers sa propre acceptation qui se soldera par un émouvant discours devant l’ONU.

L’histoire en elle-même est assez troublante. Du fait de l’archaïsme de ses coutumes qui sont encore, en notre époque, d’actualité, ajouté à l’extraordinaire jeu de Liya Kebede qui va au bout du personnage et scrutant chaque recoin de sa personnalité, ce qui révulsera les plus hardis.

Waris est ainsi de ces femmes au parcours remarquable. Remarquable non pas de ses réussites et acclamations, mais de ses endurances, de ses combats et surtout de la blessure viscéralement occasionnée alors qu’elle n’avait que cinq ans. Une excision qui est toujours courante de nos jours, et qui résume en quelque sorte la barbarie de quelques coutumes assimilées trop souvent et faussement à la religion.

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Fleur du désert sait émouvoir et reste sans conteste un véritable coup de cœur, que l’on se doit de conseiller au premier venu. Ce film est aussi un hommage à la Femme, et doit rappeler à tous le respect et l’admiration que nous devons au genre.

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Une spéciale mention pour la BO du film qui ravit elle aussi, et disponible par ici.