Un court avant le Shour : Skhizein

  • Cinéma 
  • samedi 4 août 2012 à 02:18 GMT

Le court métrage que j’ai choisi pour vous aujourd’hui s’intitule Skhizein, de Jérémy Clapin. Avec des dehors de film d’animation ludique anodin, il recèle de profondes projections dans le psyché humain et la société. L’idée, déjà, est on ne peut plus originale : C’est un homme qui se trouve, après un malencontreux incident,  décalé, dans l’espace, de la position où il devrait réellement être. Les péripéties du film montrent ce que cette nouvelle conjoncture aura comme impact sur sa vie . Ainsi,dans un concentré de 13 minutes et quelques, ce mini-film illustre le combat incessant de ceux que l’infortune, à ses différents visages, touche et éloigne de la masse, parce qu’ils ne se fondent plus dans le moule. Ceci n’est qu’un exemple, car Skhizein regorge de symboles criards, à l’image de cette société, la masse, identique en tous points, présentée ici sous forme d’une salle comble de typographes exécutant leur tâche quotidienne, mortellement routinière, mais à laquelle il suffit de déroger un iota pour se voir pointer du doigt. Aussi, nonobstant la grande diversité des interprétations possibles, on retiendra celle concordant avec le titre, qui semble évoquer  une certaine schizophrénie présente chez tous, entre le moi et l’alter-ego que l’on voudrait être, cette version meilleure de nous même à laquelle chacun aspire mais que personne n’atteint jamais, éternels insatisfaits que nous sommes, et éternelle changeante qu’elle est, puisqu’elle évolue au rythme de nos existences et de nos réalisations. A noter aussi, enfin, ce cri que l’humain émet chaque seconde, à chaque respiration, le  » je suis là » que tous s’égosillent à clamer haut et fort, pour s’extirper des abîmes de la solitude, de l’indifférence et de l’inexistence ou la société nous relèguent, dès que l’infortune frappe a nos portes .

Si vous croyez en la validité des concours internationaux et de leur systèmes de choix, ce film a de quoi vous en mettre plein les yeux, puisque, lancé en 2008, il a engrangé plus de 60 prix tous azimuts, recensés dans le site créé pour ce court-métrage: (www.skhizein.com) , et ce  en moins d’un an.

Je vous laisse donc vous délecter de cette œuvre d’art cinématographique, et vous donne rendez-vous, demain même heure même site, pour un nouvel épisode de Un court avant le Shour. Aloha

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