Track-By-Track Review : New Eyes de Clean Bandit

Rien n’est objectif, tout dépend des yeux avec lesquels on regarde. C’est justement le défi relevé par Clean Bandit dans leur album « New Eyes ». Ainsi, c’est avec un nouveau regard qu’ils appréhendent un univers phonétique subtile et tout à fait exquis. Certains tracks de cet album, tel que « Extraordinary » et « Rather Be » sont de véritables orgasmes auditifs.

Clean Bandit

Clean Bandit

La particularité de ce groupe est qu’ils créent leur propre musique et invitent par la suite des artistes triés sur le volé pour chanter leurs chansons, d’où la grande quantité de featurings dans cet album, mais cela ne déteint pas le moins du monde sur la qualité, au contraire, nous avons droit à une mosaïque de voix chacune aussi envoutante et plaisante que l’autre.

Mozart’s House (feat. Love Ssega) : L’aspect dual du titre de ce track se perçoit parfaitement lors de l’écoute, ce fut un paris gonflé certes, mais réussi dans une certaine mesure. Alors on a d’un coté Mozart donc du classique et d’un autre House, donc de l’électro.

Quoi de mieux pour ouvrir le bal que du Mozart revisité à la sauce électro-house ? Entrée agressive qui retombe rapidement pour laisser place à rythme progressif en tempo accéléré avec présence consistante de synthétiseur,on assiste à un véritable festival de sonorités électro accompagnées périodiquement de violon pour rester un peu dans l’esprit du titre du track. Et en parlant du titre, on a d’ailleurs droit à du pur Mozart au bout de quelques minutes à savoir, pour les nerds de musique classique , un sample du « Quatuor à cordes K. 575 ». Après ce voyage temporel musical, de la batterie vient s’engrener progressivement sur les notes mélodieuse de violon afin de l’éclipser totalement avec le synthé et les rimes de Love Ssega délivrées à un débit monstrueux.

Extraordinary (feat. Sharna Bass) : Extraordinary commence calmement avec quelques notes de piano accompagnées d’un chœur léger qui laisse rapidement place à la voix au ton mielleux de Sharna Bass. La jeune chanteuse Londonienne nous livre une performance vocale envoûtante avec piano et violon comme fond musical rapidement rejoints par du synthétiseur et du steel drum, ce qui donne d’ailleurs une note exotique à Extraordinary, rappelant les drummers haïtiens. Un joli melting-pot à trois dimensions musicales avec du classique, synthé et rythmes insulaires avec le steel drum le tout arrosé de la voix cristalline de Sharna.

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Dust Clears (feat. Noonie Bao) : Percussions au rythme léger annoncent une session calme et relaxante. En effet, avec une altération de voix masculine profonde et féminine claire se crée un contraste surprenant au sein d’un morceau qui s’altère lui même au fur et à mesure que l’écoute se prolonge. Les percussions de l’intro resteront très persistantes en oscillant toute fois de l’aigu au grave et vice-versa. Le background musicale est très sobre et mélancolique par moment.
« Imagine if the life that you thought you shared
Wasn’t really there
It was made up in your mind
 »
Dust Clears porte en soi un sens très philosophique. Les paroles suggèrent une reconsidération de ce tout ce qui nous entoure.

Rather be (feat. Jess Glynne) : Rather be est de loin mon morceau préféré, très énergique il accompagnera vos séances de footing matinal. Avec son mélange équilibré de violon en intro suivi de percussions, notes de synthétiseur et de piano Rather Be offre un mélange harmonieux de sonorités. La voix tonique de Jess Glynne suit sans contrainte les variations de rythme qui peuvent être assez brusques par moment.

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A+E (feat. Kandaka Moore & Nikki Cislyn) : Avec une bonne dose de classique, A+E est un morceau léger qui édulcorera vos après midi en sirotant votre breuvage préféré. Les voix de Kankada Moore et Nikki Cislyn créent ce contraste voix grave/aiguë qui met en valeur la spontanéité du morceau et sa singularité dans un album déjà très fourni. L’œuvre musicale s’exécute à un tempo assez nonchalant avec, en alternance harmonieuse , bruitages électro et instruments classiques.

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Come Over (feat. Stylo G) : Entrée dynamique sur de la batterie, synthétiseur et la voix envoutante de Grace Chatto rapidement suivis de Jason McDermott (alias Stylo G) qui apporte une touche reggae à Come Over. Cette piste est emplie d’une ambiance de soiré au bord de mer sous les tropiques, elle dégage une belle sensation d’insouciance et de laisser-aller.

Cologne (feat. Nikki Cislyn & Javeon) : Début en catimini avec des percussions au tempo qui accélère et décélère promptement jusqu’à atteindre sa vitesse de croisière. Grace Chatto, Nikki Cislyn et Javeon présentent une performance vocale variée. Avec Cologne, point d’instruments classiques prédominant. On est face à un morceau électro très épuré. Synthétiseur accompagné de parties vocales, singulièrement adaptées au rythme de percussions calculées avec précision , font de ce morceau une session électro très accrocheuse.

Telephone Banking (feat. Love Ssega) : Un large spectrum de percussions sert de base à Telephone Banking. Paroles servies à un rythme peu variant, synthétiseur sagement utilisé et le tout rejoint par du violon ; prémices d’un outro chargé de sonorités. Telephone Bank est donc un morceau bien balancé entre instruments et électro, avec la voix de Love Ssega sous l’effet de filtres par moments. Grace Chatton vient donner la touche de douceur qu’il faut dans cet environnement sonore de plus en plus fourni.

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Up Again (feat. Rae Morris) : Synthétiseur, percussions et cordes servent à Up Again de background musical pendant un bon bout de temps pour être rejoints par un semblant de trompette un peu avant la moitié de la piste. La voix mielleuse, mais sans manque de tonus , de Rae Morris donne au morceau toute sa consistance et son volume. Par ailleurs, Up Again possède un rythme à vitesse que je qualifierai de linéaire : intro doux et limite mélancolique qui accélère prudemment pour déboucher sur un outro explosif fourni en sonorités.

Heart On Fire (feat. Elisabeth Troy) : Etrangement, Heart On Fire rappel le single Atoms for Peace de Thom Yorke, de part les percussions au rythme singulier qui , d’ailleurs, prennent les reines de ce track du début jusqu’à la fin. Batterie et synthétiseur viennent rejoindre ce florilège de sonorités électro, oscillant sans cesse entre aiguë et grave.

New Eyes (feat. Lizzo) : New Eyes incorpore en plus de l’habituel couple instruments/électro, qui régit l’ensemble de l’album, une touche de rap servie par Melissa Jefferson (alias Lizzo). N’étant pas à la base très fan du style, je suis quand même séduit par le contraste vocal masculin sous l’effet filtre de distorsion au rythme lent par rapport à celui aiguë et débité à grande vitesse de la rappeuse Américaine. New Eyes est un morceau très travaillé, avec un background musical peu chargé composé principalement de synthétiseur et percussions électro.

Birch (feat. Eliza Shaddad) : Parmi les meilleures piste de cet album. Intro avec percussions légères, violon et cymbales sur un rythme prudent. La chanteuse Londonienne Eliza Shaddad , fait preuve d’une prestation vocale remarquable qui me laisse face à une aporie du langage. Magnifique, superbe track, euphorie se mêle un zeste de mélancolie dans une sublime alchimie musicale. Birch fini en catimini sur les doux fredonnements d’Eliza accompagnés de piano.

Outro Mouvement III : Comme son nom l’indique, Outro Mouvement III fait justement office d’outro pour cet album. On a donc droit, pendant les deux tiers de la piste , à une session électro moyennant percussions et synthétiseur. Le rythme de cette première partie est progressif, mais il chute promptement pour finir en beauté sur un duo de violon et violoncelle au rythme nonchalant.

New Eyes de Clean Bandit est donc LE must-have des sorties musicale de l’année 2014 !! avec un large éventail de styles sur une base électro/classique et une panoplie de chanteurs aux voix enchanteresses.