Track-By-Track : Reflektor des Arcade Fire

Arcade-Fire_GuyArochArcade Fire © Guy Aroch

Les 13 morceaux du dernier double-album des Arcade Fire revus laissent, de manière générale, une bonne impréssion. Mais cet album peut-il faire autant d’effet que son grand frère (le gagnant du Grammy Awards) The Suburbs ? En tout cas, vous ne resterez pas sur votre faim avec cette belle œuvre musicale du rock indé.

Reflektor : Guitare électrique et percussions forment le background musical de l’introduction de l’album. Accompagné par la voix énergique de Win Butler, toutes sortes de bruitages, distorsions et échos s’ajoutent à ce dernier au fur et à mesure que les minutes passent. En plus d’être chargé en sonorités, ce morceau l’est aussi en sens. En effet , le « Reflektor » sorte de kaléidoscope a travers lequel nos sentiments et visions sont distordus pour ne devenir que la « réflexion d’une réflexion » dans ce réflecteur. Simulacre d’une vie hypothétique que nous menons sans nous soucier de sa véracité. Il est question de connections et d’écrans, référence apparente aux réseaux sociaux qui rapprochent sans pour autant apporter cette chaleur humaine que peut fournir un véritable contact.
L’auditeur peut toutefois interpréter cela autrement, il n’empêche que le fond reste le même, à savoir l’aliénation de valeurs humaines intimes tel que l’amitié, l’amour et la fraternité à cause de l’abondant de l’interaction réelle au profit de la virtuelle.
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We exist : Ouvrant le bal avec une atmosphère plus mole que le morceau précédent, « We exist » est un morceau où tout ira doucement mais sûrement avec un rythme progressif bercé par la voix de Win, et celle de sa conjointe Régine Chassagne. Percussions et cordes se chargent d’accompagner ce couple alors qu’ils chantent intolérance que subit un jeune homosexuel par un entourage qui tend à nier son existence.

Flashbulb Eyes : Ce morceau quoi qu’assez court n’en est pas moins original d’un point de vue instruments et sonorités. En effet, il intègre – en plus des cordes et percussions très présente dans la majorité de l’album – avec brio des mélodies de synthé style 80’s avec des touches steel-drum. Par ailleurs cette chanson, aux paroles assez récurrentes , explore la croyance qui suggère qu’une fois prise en photo, une personne voit sont âme scellée à jamais.

Here Comes The Night Time : Début plein de panache, avec percussions agressives servies très rapidement qui décélèrent, au fur et a mesure, afin de laisser la voix cristalline de Win prendre les devants. Steel-drum, percussions et cordes sont omniprésents dans ce morceau le tout en parfaite symbiose dans un rythme modéré.

Normal Person : Les différents éléments de cette production se mélangent parfaitement bien, en particulier la manière graduelle à laquelle s’ajoute la guitare électrique à la batterie en catimini pour déboucher sur un solo explosif de gratte électrique.

You Already Know : Dès le début ce titre captera votre attention avec les coups toniques de corde, batterie et synthé style 80’s dans une parfaite harmonie. Le rythme varie peu au fur et à mesure que les minutes s’écoulent sans pour autant basculer dans quelque chose de barbant. « You Already Know » est un de ces morceaux qui se logent dans votre playlist matinale sans problèmes.

Joan Of Arc : Cornemuse rapidement suivie de cymbale, cordes agressives et la voix tonique de Butler font de « Joan Of Arc » un morceau plein d’énergie.Comme le titre de cette chanson le laisse deviné, les Arcade Fire se sont inspirés de l’histoire de la pucelle d’Orléan, Jeanne d’Arc, lorsqu’elle incita le peuple français à reprendre leurs terres accaparées par les anglais pendant le XVème siècle.
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Here Comes The Night Time II : L’intro douce et sereine est particulièrement plaisante car elle contribue à instaurer une atmosphère très relaxante en écoutant ce morceau. Violon et gratte s’invitent mélodieusement à ce concert de sonorité accompagné par les voix mielleuses de Win et Régine. Contrairement a son grand frère « Here Comes The Night Time II » possède un rythme nonchalant qui vous mettra dans un état d’euphorie agréable.

Awful Song (Oh Eurydice) : Avec une intro composée de tambours et cymbales à qui vient s’ajouter la voix de Win accompagnée de guitare acoustique ce morceau fourni, au fur et à mesure que l’écoute se prolonge , des sensations pleines de spiritualité et d’émotions alimentées par le vocaliste du groupe. « Awful Song » possède un chorus particulier étant donné que tout les membres du groupe s’y mettent pour fournir un effet de chœur mélodieux.

It’s Never Over (Oh Orpheus) : Il est difficile de parler de « It’s Never Over (Oh Orpheus) » sans évoquer le morceau précédant. En effet, ce morceau chante la tragédie d’Orphée et Eurydice lors de leur remontée des enfers et la condition à laquelle Hadès avait permis à Eurydice de quitter le monde des morts, à savoir ne pas regarder son bien aimé, chose qu’Orphée ne savait pas. Il la supplia alors de lui attribuer ne serait-ce qu’un regard, une fois chose faite elle s’évanouit en lui attribuant un geste d’adieu, retournant à l’Hadès pour l’éternité.

Porno : Ce morceau a peu de similitude avec les précédents, il se distingue par une présence consistante de synthé avec un rythme peu voir pas du tout variant accompagné par la voix de Win et Régine.

Afterlife : « Afterlife » reprend encore le mythe d’Orphée et d’Eurydice mais cette fois en renvoyant au film de Marcel Camus (Black Opheus) en utilisant des scènes de ce dernier dans le clip officiel de « Afterlife »
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Supersymmetry : Arcade Fire décident de finir l’album avec un morceau suave. Butler et Chassagne chantent une relaxante mélodie en parfaite harmonie avec de légères percussions et des notes graves de synthétiseur.