Time Out ou le massacre d’une idée

Probablement l’un des films les plus attendus de cette année, Time Out a suscité une véritable passion du fait de son synopsis exceptionnellement prometteur. Imaginez monde où l’expression « Le temps c’est de l’argent » n’a plus rien de figuré et où les inégalités sont létales. Dès lors, un tel scénario ouvre un florilège impressionnant de possibilités cinématographique pour le cinéaste Andrew Niccol dont la plume a déjà prouvé son excellence par le passé. En effet, il est inutile de citer The Truman Show, Terminal ou encore l’excellent Lord of War. Habile et connu pour ses allégories et ses métaphores du monde que l’homme a consitué, Niccol va plus loin en endossant le rôle de réalisateur : le défi est de taille.

 

 

Andrew Niccol, ne ménage absolument pas le spectateur et rentre directement en matière, se disant surement que la majorité des personnes de la salle avait vu et revu la bande annonce et que la concept avait fait son bout de chemin; arrogance qu’il pourrait se permettre du fait des ses précédents succès. Le film commence en trombe et tient sans difficulté le spectateur en haleine qui plonge rapidement dans un monde futuriste et tente de faire correspondre les différentes allusions au monde véritable. Car Time Out est avant tout un pamphlet naïf, digne de la réflexion que susciterait Robin des bois chez un élève de 6ème : le monde est constitué de méchants riches qui volent les gentils pauvres. Néanmoins, la naïveté du propos ne constitue pas à lui seul un reproche viable, la cause met tout le monde d’accord et nombre de personnes aiment la voir défendue chaque fois différemment.

 

 

En revanche, le film perd rapidement de sa vivacité et tombe dans le stéréotype du film américain moyen oubliant toutes les promesses qu’un tel scénario avait faites. Topos vu et revu du couple fugitif et affreusement glamour combattant le système à coup de faux-ongles et de revolvers, rappelant seulement de temps en temps l’horloge, fil conducteur de l’intrigue. Justin Timberlake et Amanda Seyfried viennent cependant assaisonner la composition fade de par leur physique ainsi que l’expérience et la maturité acquise par Timberlake ces dernières années. Dès lors, certaines scènes valent le détour, telles que celles du bras de fer ou encore de la mort de la mère de Will Salas (Justin Timberlake).

 

 

Andrew Niccol, avec Time Out, rate l’occasion de se placer au même niveau que Limitless par Neil Burger et ainsi d’aspirer à plus qu’au simple titre de Blockbuster purement commercial. On notera cependant l’astucieuse subtile corrélation des conjonctures économiques entre le monde véritable et la société futuriste et fictive imaginée par Nicoll, preuve que ce dernier n’est pas totalement inerte.

 

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Note : 2.5/5  « Plus l’on monte haut, plus la chute est violente » Le scénario exceptionnel de Time Out ainsi que la réputation de Niccol ont entrainé des espérances telles que l’échec du réalisateur apparait d’autant plus cuisant. Time Out sera sans aucun doute vite oublié, comme tout autre film commercial… Seulement le scénariste n’a jamais aspiré, et ce, sur aucune de ces précédentes productions, à se placer dans un tel registre. Son rôle aurait peut être du s’arrêter à celui de scénariste.