This is « My Land »

Bonne nouvelle, le documentaire My Land de Nabil Ayouch sort le 9 Octobre prochain dans toutes les bonnes salles marocaines!

 

Nabil Ayouch, cinéaste marocain et célèbre réalisateur d’Ali Zaoua revient en force en ce début d’année avec cette fois-ci, un film-témoignage baptisé «  My land ». Tourné en 2010, le premier documentaire de Nabil Ayouch qui a fait sa sortie cinématographique le 8 février 2011 a reçu les éloges de bon nombres de quotidiens dont Le Point et l’Express qui l’ont qualifié tour à tour d’ « œuvre de mémoire »  et de  « documentaire intelligent ».

Tout au long de son documentaire, Nabil Ayouch s’effacera derrière ses caméras donnant ainsi la parole à six vieux palestiniens réfugiés dans des camps au Liban qui, tout au long de témoignages poignants, se remémorent en présence de leurs enfants ou petits-enfants -non sans nostalgie et amertume- une terre dont ils ont jadis été chassé.

Une fois ces témoignages recueillis, le réalisateur de Whatever Lola wants, -marqué par sa double identité car issu d’une mère juive tunisienne et d’un père marocain musulman- ira aussi à la rencontre de jeunes israéliens vivant dans d’anciennes terres palestiniennes. Il leur posera moult questions sur leur vécu, sur ce qu’il pensent du conflit israélo- palestiniens mais surtout sur le lien qui les relie à cet espace qu’ils occupent et dont manifestement, ils ignorent tout. En effet, au long de leurs discours, le spectateur perçoit de manière claire une sorte de méconnaissance voire d’ignorance qui se dégage du discours des jeunes israéliens sans parler de leur vision faussée du conflit Israélo-palestinien, ce qui reste d’ailleurs assez surprenant.

Après un long débriefing, Ayouch leur fera visionner les témoignages recueillis auprès des six vieillards palestiniens.  L’objectif étant de confronter les douloureux récits palestiniens qui vivent dans des conditions déplorables dans leurs camps de réfugiés, sans emploi pour certains ni permis de travail pour d’autres aux yeux crédules voire gênés des jeunes israéliens qui, dans le confinement d’une politique sécuritaire stricte, n’ont pour la plupart jamais eu de contact direct ou moins direct avec les palestiniens. Une fois ce flot de révélations terminé, les jeunes juifs interviewés restent silencieux, confus. Certains sont émus, d’autres ne se gênent pas pour marquer leur scepticisme sur la légitimité de ces aveux.

Tout comme Nabil, en les écoutant,  l’on essaie de comprendre. Comprendre les raisons d’une guerre meurtrière, les raisons du déchirement du peuple palestinien qui a vécu et qui peine à survivre éparpillée aux quatre coins du Moyen-Orient que ce soit au Liban, en Syrie ou encore en Jordanie dans des conditions déplorables.

Néanmoins, un seul regret subsiste : Le premier documentaire de Nabil Ayouch ne sortira pas au Maroc car manifestement, dans le plus beau pays du monde, l’on préfère mieux projeter des histoires d’amour ou encore des films d’action au détriment de films exigeants à l’image de « My land » qui ne l’oublions pas, a quand même été primé au festival de Tanger et ce à deux reprises pour le meilleur montage et la meilleure musique.

Enfin, cette réalisation a eu le mérite de rappeler un conflit qui semble de plus en plus délaissé. En effet et au regard des évènements actuels transcendant la région MENA, « My Land » redirige les lumières sur une question reléguée à l’arrière plan de la scène internationale. Les sociétés arabes ne font plus du conflit israélo-palestinien leurs priorité comme au temps du président Égyptien Nasser car occupées à se révolter contre leurs propres bourreaux.

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