The Endless River: Les sublimes adieux de Pink Floyd

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Ils ont marqué l’histoire musicale du XXème siècle avec leur style à part, aujourd’hui Pink Floyd s’en va avec en guise d’adieu un dernier album: The Endless River. En effet, après vingt ans d’absence, Pink Floyd revient ce 10 Novembre 2014 avec un nouveau disque, l’occasion pour nous de vous dire ce qu’on en pense.

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   Alors, la première question que l’on pourrait se poser c’est pourquoi un nouvel album après tant de temps ? The Division Bell, sorti en 1994, était jusque la considéré comme le dernier opus des Pink Floyd, sans avoir complètement fermé la porte, le groupe n’avait, en effet, fait preuve, jusque la, d’aucune volonté de sortir un quelconque autre disque. C’est ainsi l’été dernier que le groupe prend de court ses fans en annonçant du nouveau, un nouvel album présenté comme un hommage à leur claviériste décédé en 2008. En effet, The Endless River n’est pas au sens propre du terme un nouvel album, dans la mesure ou il est développé à partir des sessions d’enregistrement de The division Bell, des enregistrements datant donc de 1993. Ces enregistrements sont les derniers morceaux non exploités de Rick Wright, claviériste, membre fondateur du groupe. Il s’agissait ainsi pour les deux derniers membres du groupes, le chanteur et guitariste David Gilmour et le batteur Nick Mason, de remettre en forme ces extraits afin d’en tirer un album entier.

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Il faut encore faire une précision avant de parler de cet album dans son essence. En effet, The division Bell a d’abord été conçu par le groupe comme un double album, avec d’une part un disque chanté, celui que l’on connait, et de l’autre une partie ambient, uniquement instrumentale. L’idée a ensuite été abandonné au profit d’un album plus classique, The Endless River se compose ainsi de cette partie abandonnée de The Division Bell. Face à ce projet, on pourrait ainsi se demander si cet album vaut vraiment le coût, en effet, doit on vraiment faire un album avec des restes simplement parce que ceux-ci viennent de Pink Floyd ? Eh bien après son écoute on est en mesure de dire que The Endless River n’est définitivement pas un album de recyclage ou un album commercial !

The Endless River est un album presque uniquement instrumental, il comporte un seul morceaux chanté: « Louder than words », titre qui conclut le disque, mais, comme sur The Division Bell, un morceau comprend aussi la voix de Stephen Hawking (« Takin’ Hawkin’ « , sur The Division Bell il s’agissait de « Keep talking »). Plus qu’instrumental, cet album appartient surtout au registre de l’ambient, on replonge ainsi tête la première dans l’ambiance de The Division Bell. The Endless River, c’est d’abord un opus d’une extrême cohérence, en effet, on est à aucun moment surpris de la tournure de la mélodie, parfois étonnés mais toujours satisfaits, finalement, comme dans un bateau à la dérive on est invité à suivre le courant dessiné par Gilmour, Mason et Wright. Fidèle à eux-même, Pink Floyd ne livre pas ici un album de chanson mais un album de musique, car comme sur The Dark Side Of The Moon, tous les morceaux sont liés et inséparables les uns des autres, le dernier morceau de l’album finit même avec le début du premier titre, comme sur The Wall. Ce disque introduit toutefois une nouvelle dynamique, en effet, plus qu’en titres, The Endless River est divisé en parties, ainsi cet album en comprends 4 qui durent chacune entre 11 et 13 minutes.

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Nonobstant la cohérence de l’album, chaque partie conserve une identité propre, ainsi dans la première, Pink Floyd soigne son entrée, prudemment mais surement le groupe reprend les sonorités de The Division Bell en y ajoutant toutefois des touches de modernités, on y retrouve les morceaux « Things left unsaid », « What we do » ou « Ebb and Flow ».

La deuxième partie est pour moi la plus intéressante de cette album. En effet, avec « Sum », « Skins », « Unsung » et « Anisina », on retrouve les Pink Floyd du début, les percussions folles de « Sums » et « Skins » rappellent ainsi les deux premiers albums du groupes, les ultra psychédéliques The Piper At The Gate Of Dawn et A Saucerful Of Secrets, à l’époque ou le groupe était mené par Syd Barrett. Avec un peu plus de professionnalisme qu’à ses débuts, le duo rend hommage à une certaine époque du groupe qui s’est éteinte avec leur ex-leader. Skins reste mon coup de coeur sur cet album, un morceau puissant sur lequel on retrouve vraiment l’âme de certains morceaux comme « Let there be more light » ou « Set the control for the heart of the sun ».

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Après ces quatres morceaux, l’album passe à sa troisième partie, ici les morceaux sont plus courts mais plus nombreux, elle rassemble ainsi « The lost art of conversation », « On noodle street », « Night light », « Allons-Y (1) », » Autumn ’68 », » Allons-Y (2) » et « Talkin’ Hawkin’ « . Ici ce sont « Allons-Y(1) » et « Talkin’ Hawkin’  » qui sont les plus marquants, cette partie reprend en majeure partie des mélodies et des sonorités de la même veine que The Division Bell, « Talkin’ Hawkin’  » se termine d’ailleurs avec la phrase qui donnait son sens à « Keep Talking »: « all we need to do, is make sure we keep talking » . Le trio « Allons-Y (1) », « Autumn ’68 » et « Allons-Y(2) » fonctionne aussi brillamment, laissant ainsi au titre énergique une pause de courte durée avant de reprendre de plus belle.

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La dernière partie de The Endless River nous plonge dans une ambiance plus sombre que le reste de l’album. On sent ici une grande influence de Gilmour, notamment sur « Eyes to pearls » que l’on croirait tout droit sorti de « On an island », son dernier album solo. Toutefois, « Surfacing » contrebalance cette sensation, on retrouve ainsi les choeurs grandiloquent de Pink Floyd qui évoquent des albums comme The Dark Side Of The Moon ou A Momentary Lapse Of Reason. Finalement, l’album se termine sur une note positive avec la plus belle conclusion possible, « Louder than words ». Superbe morceau accompagné de paroles aussi belles, écrite par David Gilmour et sa femme, le morceau synthétise l’histoire du groupe et tire les conclusions de presque cinq décennies qu’ils ont passés ensemble. Ce titre parait même être un message de réconciliation envoyé à Roger Waters, ancien chanteur et leader de la formation mais il est surtout un hommage que Gilmour rend à tous ceux qui ont fait que Pink Floyd a eu la carrière qu’on lui connait. Ci-dessous une partie des paroles du morceaux, dont le premier couplet et le refrain, ainsi qu’une traduction qui laisse entrevoir toute l’émotion que contient le titre.

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Pink Floyd livre ici, au-delà d’un sublime album, un vibrant hommage à son histoire et une sortie (cette fois presque certaine) soignée avec tout le talent qui a fait de ce groupe une légende. C’est avec une joie et impatience tout a fait satisfaite que l’on a pu retrouver la guitare de David Gilmour et les mélodies de Rick Wright qui en vingt ans n’ont pas pris une ride, cela fait d’ailleurs du bien de retrouver un peu de « vraie » musique à l’ère du tout électronique, quand on sait en plus que la sortie de cet album a permis de faire battre les One Direction, jusqu’alors numéro 1 historique des pré-commandes sur Amazon, on est encore plus heureux ! Pour conclure, il faut dire que cet album gagne largement ses galons d’album Floydesque, un seul bémol peut être à retenir, l’opacité de l’oeuvre, elle est ainsi plutôt conseillée aux fans et connaisseurs de Pink Floyd plutôt qu’aux néophytes à qui l’on conseille plutôt la lecture de cet article !

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