Surréaliste : Arrêté puis expulsé du Maroc, ce journaliste se confie

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  • mardi 17 février 2015 à 15:23 GMT
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Jean-Louis Perez

L’information n’a pas tardé à faire les titres de plusieurs médias français et marocains : dimanche 15 Février, à Rabat, deux journalistes qui réalisaient un documentaire pour France 3 sur l’économie marocaine sont arrêtés et malmenés par une trentaine de policiers avant de se voir confisquer leur matériel et de se faire expulser le lendemain vers la France. Une nouvelle affaire qui ébranle l’image du Maroc, et qui montre encore une fois que tout ne tourne pas rond dans ce pays.

Jean-Louis Perez l’un des deux journalistes arrêtés s’est confié pour Le NouvelObs. Il décrit des scènes surréalistes dignes du film « OSS 117 »  entre intimidation, fouilles au corps, et mises à l’écart. Voici quelques unes des confidences de Jean-Louis Perez sur son arrestation.

« Surréaliste. Tout ce que nous avons vécu depuis dimanche soir est surréaliste et je suis très inquiet quant à l’état des droits de l’Homme dans un pays comme le Maroc. »

« Des contacts sur place et des journalistes marocains m’avaient mis en garde. Honnêtement, même si je les avais cru, je ne m’attendais pas à un tel état de tension. »

« On avait l’impression d’être dans « OSS117 : Le Caire, nid d’espions ». On voyait toujours les mêmes gens dans les cafés où nous étions, dans les restaurants, dans la rue, au petit déjeuner de l’hôtel… Même mon voisin de chambre nous surveillait. C’était grotesque et finalement sans doute un peu volontaire : ils voulaient qu’on les voie pour nous intimider. »

« Vers 18h, 30 policiers ont cassé la porte à coups de burins pour venir nous chercher. Ils ont même violenté une femme qui faisait barrage de son corps pour les empêcher de rentrer. »

« Quand nous sommes arrivés à l’hôtel, ils nous ont enfermés dans une chambre voisine de la nôtre pendant que nos affaires étaient fouillées. »

« Ce qui m’embête beaucoup, c’est qu’ils ont récupéré mon téléphone marocain et ça met en danger les contacts que nous avons rencontrés sur place… »

« Nous n’avons pas beaucoup dormi et le lendemain, nous avons dû payer nous même notre billet de retour avant d’être mis à bord d’un avion pour la France. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous avons pu récupérer nos passeports. »

« Le Maroc n’est pas le pays que l’on croit. Ce n’est pas un pays démocratique. Je savais la liberté de la presse menacée mais j’ai été très choqué par l’état des droits de l’Homme. »

« Ce que l’on a vécu dimanche, les Marocains qui luttent le vivent tous les jours, même si sur ce coup-ci, la violence était assez inédite. »