« Sur la planche » de Leïla Kilani, enfin dans nos salles nationales !

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  • mercredi 24 octobre 2012 à 20:16 GMT

« Radical, décomplexé, et d’une rare intensité politique »

Cahiers du cinéma.

« Sur la planche », le premier film de la réalisatrice Leïla Kilani (nous vous en parlions ici) sorti le 1er Février dernier sur les écrans français, a été présenté aujourd’hui dans nos salles nationales après avoir fait l’objet d’une projection-presse lundi soir. Ce long métrage a reçu le prix du jury au Festival Paris Cinéma 2011, ainsi qu’une bonne douzaine de nominations notamment celle du coup de cœur 2012 par le Festival du Film d’Albi 2012 et l’Art Cinéma Reward dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs 2011.

L’histoire se passe à Tanger, où Badia, Imane, Nawal et Asma, quatre jeunes femmes fascinantes avec un train de vie plus qu’effréné, travaillent dur la journée pour sombrer dans une délinquance forcée la nuit. Elles sont prêtes à tous les agissements, même les plus graves et menaçants, pour survivre dans une ville qui « ne donne qu’aux étrangers ». Triste affirmation, mais pas loin de la réalité sombre de ce pays. Une chronique sociale qui coïncide avec le printemps arabe et les révolutions populaires, dans laquelle transparaît une grande envie de vivre, de s’accrocher, de surmonter les très nombreux obstacles de leur condition de jeunes femmes locales mises à mal, contraintes de voler, de se prostituer, d’envoûter et de mentir pour survivre.

Ce long métrage qui sent le travail, l’acharnement et la débrouillardise s’est vu lundi dernier, lors de la projection presse, salué pour son anticonformisme, le jeu des actrices, et la subtilité avec laquelle Leïla a su transmettre son message.

Autre distinction du film : Le débit de parole des actrices. En effet, même si ces jeunes femmes parlent « à 100km/h », on ne peine pas à les comprendre, à se sentir proches d’elles et de leur vécu. A propos de ceci, Les Inrockuptibles affirme que « Un des trésors de ces filles est la parole : un flow d’enfer qui électrise le spectateur. [..] Galvanisant et tragique. »

Biographie de Leïla Kilani

Née à Casablanca en 1970, Leila Kilani suit des études supérieures en économie à Paris avant d’exercer le métier de journaliste jusqu’en 1999 . En 2000, elle se lance dans la réalisation documentaire s’intéressant à son pays d’origine, le Maroc. Parmi ses œuvres figure « Nos lieux interdits » (2008) , œuvre très controversée consacrée aux années de plomb. « Sur la planche » représente la transition de Leïla Kilani du domaine des documentaires aux longs métrages, transition fluide et réussie.

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