SOPA, PIPA, Hadopi & Co, Les bourreaux culturels

  • Etc 
  • dimanche 22 janvier 2012 à 00:49 GMT

Comme vous l’aurez sûrement entendu ou lu, le sénat américain projette de faire passer deux lois (Stop Online Piracy Act et Protect IP Act) afin de protéger certaines industries : principalement les industries du cinéma et de la musique. Des mesures drastiques seront prises visant à couper l’ensemble des ressources attribuées aux différents sites web déclarés « voyous » par les Etats Unis : Après l’Afghanistan, c’est le tour de Megaupload ! Hadopi en France, loi molle et controversée, encouragée par cette mouvance en fait de même.

Megaupload, les criminels du XXIème

Il n’est même plus d’usage de prendre la peine d’expliquer ce qu’était Megaupload tellement ce dernier avait acquis en notoriété. En effet, fin 2011 la société annonçait représenter à elle seule 4 % du trafic internet. Néanmoins, il y a quelques jours de cela, entraîné par la mouvance SOPA, le célèbre FBI a lancé des mandats d’arrêts contre les fondateurs et dirigeants de la société après avoir méthodiquement remplacé le site web par une belle image ornée de blasons portants de fiers et intimidants aigles américains. Les chefs d’accusations ? D’après la note, le monde Mega est accusé de « conspirer » dans le but de commettre les crimes suivants : racket, violation des droits d’auteur, blanchiment d’argent ! De vrais terroristes !

Voilà ce qu’il en reste…

Alors que MU ne semblait pas gêner Will I Am, Jamie Foxx …

Image de prévisualisation YouTube

Vous avez dit protéger ?

Selon le gouvernement américain, les industries du disque et du cinéma sont malmenées par ces délinquants et sont gravement touchées par la récession ! James Cameron n’a pu investir que 300 millions de dollars dans Avatar (qui n’est finalement rien de plus qu’un dessin animé écolo) et Daniel Radcliffe n’arrive pas à joindre les deux bouts avec ses 80 millions de dollars… Les artistes ne cessent de pointer du doigt le piratage de leurs œuvres. L’acte en lui-même est totalement condamnable, cependant, il ne faut pas oublier de dire que le piratage est avant tout le premier outil de promotion de ces artistes. Un petit exemple pourrait permettre d’y voir plus clair : Gad El Maleh, depuis son premier spectacle, s’est largement constitué un public au Maroc.Penser que c’est l’unique fruit de son talent serait d’une naïveté touchante. Les DVD de ses spectacles dont les prix fluctuent entre 7 et 10 Dhs ou encore en ligne gratuitement, eux, lui ont permis de venir clôturer en personne la tournée de Papa est en Haut à Casablanca (renommé « Bidaoui ») et d’afficher complet (NDLR : le prix des places variait entre 300 et 600 dhs).

Ce que proposent les Etats 

Aujourd’hui vous l’aurez compris, les Etats souhaitent faire disparaitre à tout prix le piratage quitte à censurer et fermer massivement les sites web de partage , à vous envoyer une lettre d’intimidation,à vous priver d’accès internet, ou encore à vous faire dormir au poste car vous avez malencontreusement voulu revoir l’épisode 4 de la dernière saison de Docteur House sans aller acheter le coffret à plus de 40 €. Ce quils proposent, c’est un monde où les artistes pourraient gagner plus encore en réservant les distractions aux plus riches, pour les autres, il y a toujours du travail dans les champs ou à l’usine ! Faudrait-il ajouter un article à la déclaration des droits de l’homme ?  « Tout individu a le droit à la culture »

Et maintenant ?

Après plusieurs interventions de site web très populaires (Wikipédia notamment…) ces deux lois ont beaucoup perdu de leur soutien et le projet a été reporté, seulement reporté… Il est tout à fait inadmissible qu’un seul pays réglemente et censure librement un espace aussi vaste que la toile, dictant ainsi de quelle manière et à qui le savoir devrait être accordé. Indignez-vous !