Shankaboot, un concentré pêchu made in Beirut

  • Cinéma 
  • dimanche 28 octobre 2012 à 17:48 GMT

Ce soir je vous emmène au Liban. Un pays que l’on connait tous pour son équilibre fragile et sa culture plurielle, mais aussi pour son industrie musicale et ses stars de la chanson passées au bistouri en mode Nancy Ajram ou Haifa Wehbe.

Loin des stéréotypes, lumière sur une pépite du web qui cartonne depuis deux ans…

À travers Beirut l’effervescente, on suit Suleiman sur sa mobylette surnommée avec affection « Shankaboot », un adolescent attachant de 15 ans qui vit de son service de livraison. Au fil de ses aventures, on croise le chemin de Ruwaida, une jeune femme de 19 ans en quête de liberté qui rêve de percer dans la chanson. On découvre aussi Chadi le mystérieux, un jeune homme d’une vingtaine d’années au passé trouble, un des plus proches amis de Suleiman… ainsi que de nombreux autres personnages hauts en couleur.

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Lancée en mars 2010, cette série web en cinq saisons financée par la BBC (World Service Trust) et produite par Batoota films a obtenu les prix Cinéma tout écran et l’International Digital Emmy en 2011. La durée de chaque épisode a été volontairement limitée à cinq minutes pour cause de connexion internet instable au Liban, et ce afin de permettre un téléchargement aisé à tous.

Ce qui fait la particularité de Shankaboot, c’est le ton empreint de réalisme que les producteurs ont choisi d’adopter. On s’identifie facilement aux personnages, portés par des acteurs avec peu d’expérience pour la plupart. Voguant entre rires et drames à l’image d’une capitale libanaise pleine de contrastes, cette série aborde les sujets tabous avec une franchise peu commune dans les pays arabes. On y retrouve des thèmes comme la drogue, la prostitution, le racisme, le confessionnalisme, la corruption, la violence conjugale, la chirurgie esthétique etc.

Cette série a balayé toutes mes idées reçues, une vraie surprise au milieu de toutes ces télénovelas turques/mexicains doublées en arabe dialectal qui passent à longueur de journée à la télé, et qui ne traitent pas vraiment des problèmes qui nous touchent, nous, jeunes marocains citoyens du monde arabe. Une bonne dose de fraîcheur et une pincée de trash, juste ce qu’il faut pour devenir accro.