Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou : « Rabat est un lieu stratégique dans le domaine de l’art contemporain »

18

Du 20 avril au 4 septembre 2016, le Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain accueille une rétrospective d’Alberto Giacometti, l’un des plus grands maîtres de l’art du 20ième siècle, en collaboration avec la fondation Alberto et Annette Giacometti. Il s’agit de la première exposition au Maroc et en Afrique consacrée au célèbre peintre et sculpteur suisse. 

Avec une exposition d’une telle envergure, c’est un message fort de tolérance et d’ouverture aux autres cultures que transmet le Maroc au monde entier. Celui-ci s’inscrit dans une volonté du Royaume de faire de l’art et de la culture un moyen de dialogue entre les civilisations, de communication et de partage, ainsi qu’un facteur d’intégration sociale et d’émancipation humaine.

Une convention de partenariat entre la Fondation Nationale des Musées du Maroc et le Centre Georges-Pompidou a été signée le lundi 18 Avril 2016. Serges Lasvignes, directeur du Centre Pompidou, a accepté de nous en dire plus en répondant à nos questions.

17

Artisthick : Grâce à l’ouverture du Centre Georges Pompidou, Paris est devenue une capitale mondiale de l’art contemporain, pensez-vous que Rabat peut aspirer à un destin similaire dans le future ?

Serge Lasvignes : Je ne sais pas comment une ville peut devenir capitale mondiale de l’art, néanmoins, il est certain que Rabat est un lieu très stratégique dans le domaine de l’art contemporain et dans sa diffusion.

Artisthick : Quel sera l’impact de la signature d’une convention entre le Musée d’Art Moderne de Rabat ainsi que le Centre Georges Pompidou à Paris ?

Serge Lasvignes : Cet impact sera très concret. Le Centre Georges Pompidou possède déjà une vingtaine d’œuvres d’artistes marocains ( photographie, peinture etc.). Dans un premier temps, un prêt de cette collection au Musée Mohamed VI peut être envisagé, le cas échéant si le musée de Rabat le souhaite. Dans un deuxième temps, ce qui peut être envisagé aussi, de la même façon que la fondation Giacometti, est l’organisation d’une exposition du Centre Pompidou au Musée Mohammed VI. Le troisième aspect important pour nous concerne la scène artistique arabe. Nous nous y intéressons fortement et notamment à la scène artistique marocaine, et nous aimerions bien collaborer avec la fondation pour identifier les artistes marocains importants aujourd’hui et faire des acquisitions pour enrichir notre collection. Enfin, un aspect technique et humain peut être soulevé car nous sommes entrain de mettre au point un système de collaboration pour accueillir des conservateurs du Musée Mohamed VI au Centre Georges Pompidou et participer à des formations avec nos expériences acquises. L’enjeu est de constituer un rapport dans la durée avec le Musée Mohamed VI et la Fondation qui se traduisent par des actions concrètes, précises et qui permettra une coopération culturelle.

Propos receuillis par Yasmine LAHRICHI et Lina MESKINE