Rewind/Bach in the days, quand le beatbox devient un art !

Bonjour lecteurs d’Artisthick, aujourd’hui on vous présente le projet Rewind/Bach in the days. Un projet qui ne manque pas d’originalité puisqu’il sagit de la fusion entre la douceur qu’incarnent les mélodies classiques et la technique des performances vocales humaines.

Bach in the days est une création musicale qui est née de la collaboration de deux artistes aux différents horizons musicaux mais que l’amour pour la musique a pu réunir. On parle d’une fusion du piano classique (Thomas Fresneau) et de l’art du Human Beat Box (Willy Amarat aka Rewind) qui s’ancre dans la culture underground et du Street art. Certes c’est un pari difficile de concilier entre art classique suivant des règles précises et street art qui a pour seule règle, l’absence de règles. Mais il faut croire que l’amour pour la musique a pu dépasser tous les obstacles puisque Thomas et Rewind ont pu revisiter un répertoire musical d’une finesse sans pareille.

Rewind est un artiste que rien n’arrête. Après avoir fait de la guitare, il s’intéresse maintenant au Beat box et au monde du hip hop, et ce en intégrant le groupe de hip hop ESKA Crew en 2002, avec lequel il sort l’album Instinct de Survie chez Virgin. Mis à part son travail en groupe ou avec des artistes pour qui il a fait des premières parties de concert, Rewind se fait le titre d’homme de scène et de beatboxer. Il participe et remporte de nombreux prix et tremplins comme « Air des jeunes » en 2006 ou encore le concours national « Battle of the year » à Montpellier en 2007 et « Battles de Saint Denis » en 2008.

Pour mieux cerner le sujet, Rewind a répondu à quelques questions pour nous. Mais avant toute chose, voci une vidéo qui vous permettra d’avoir une idée sur Bach in the days.

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Zaid Sahli : Vous avez partagé les scènes d’artistes de renommée internationale tel que Wax Tailor, La Caution, EZ3kiel, De La Soul … La transition du travail plus technique et électronique au travail classique ainsi que l’exploitation d’un tel concept n’a pas été dur ?

Rewind : Il est vrai qu’il m’a fallu un certain temps avant de trouver le bon angle de travail et l’axe musical que je voulais développer avec ce projet. Je n’ai pas du tout mélanger du beatbox avec du piano…il fallait surtout développer le fil conducteur, proposer un vrai univers musical cohérent qui tienne à la longue. Travailler avec une personne qui n’a pas du tout la même culture que soit n’ai pas forcement évident. Il a fallu trouver les bons réglages, et ça prend du temps… Je me suis retrouvé dans un rôle complètement différent de celui du beatboxer solo. Quand tu es seul sur scène, tu es libre… Tu n’as pas besoin de répéter avec du monde etc…Tu peux décider ou tester des choses au dernier moment. Tu ne dépend que de toi…
Dans Bach in the days, j’ai laissé de côté les histoires de «technique» et de «battle» pour composer des morceaux à la bouche et mettre en avant ma facette d’artiste. Je travaille à la manière d’un beatmaker qui fait intervenir des musiciens sur ses productions. C’est quelque chose qui est vachement plus rare dans le milieu du beatbox.

Je suis quelqu’un qui n’aime pas faire comme tout le monde et je voulais présenter cette discipline au public d’une manière différente. Tenter de montrer que la percussion vocale ne se résume pas seulement à reprendre Billie Jean de M.Jackson. C’est un vrai moyen de faire de la musique!

ZS : Que pouvez vous nous dire sur le projet Bach in the days ?

Rewind : L’idée de base était de revaloriser la compatibilité de la culture Hip Hop avec la Musique Classique. Dépoussiérer les codes et essayer d’ouvrir les esprits. J’avais envie de montrer que le Hip Hop est un mouvement qui nécessite une certaine ouverture. Le Hip Hop ré-utilise des courants musicaux anciens (Classique, Jazz etc…) afin d’en proposer des versions plus actuelles. C’est la base du Sample. Si tu es «Hip Hop», tu te dois d’être curieux! Le grand public n’en a pas forcement conscience et même certaines personnes qui écoutent du Rap.
Au delà de ces intentions, Bach in the days est un projet qui propose une certaine couleur musicale. Les univers oscillent entre Hip Hop / Trip Hop / Electro / Jungle etc… avec une touche très Djing.
Ce projet est vraiment le reflet de ma personnalité.


ZS : Au delà du travail de scène, ne pensez-vous pas vous concentrer sur un album studio ?

Rewind : Je me concentrerai sur un disque en fonction des concerts que nous allons faire cette année. Je veux attendre de voir comment les choses se développent. Mais si je fais un album, je ferai un album riche et foisonnant. Je ferai intervenir plus de musiciens, mais également plus de voix…Je dois avouer que j’en ai très envie!

ZS : A part le travail avec Thomas, vous n’avez pas de futurs projets ou autres ?

Rewind : Si. Je commence à travailler sur une création en parallèle. Une pièce entre Beatbox, Musique Electro Acoustique, et Video. Je travaille avec le Groupe de Recherches Musicales de Paris. Le thème est de faire le lien entre les cultures urbaines et la musique contemporaine.
Un axe vidéo sera ajouté. Je vais aussi travailler avec un ingénieur qui va développer un système me permettant de contrôler une image par l’intermédiaire des sons émis par ma bouche. Je suis le premier artiste Hip Hop à collaborer avec les gens de ce milieu.


ZS : Dernière question, vous ne pensez pas à vous produire au Maroc ?

Rewind : J’aimerai beaucoup! J’espère avoir cette occasion un jour! J’ai eu l’opportunité de jouer en Novembre 2010 à L’institut Culturel Français de Tripoli. J’en garde un très bon souvenir! De plus, j’y avais assuré un stage d’initiation au Beatbox. Alors pourquoi pas au Maroc!

ZS : Un petit mot pour Arthistick?

Rewind : Je trouve que c’est un site d’une très bonne qualité. On y aborde des sujets culturels assez riches et variés! Je ne connaissais pas du tout et je suis agréablement surpris. Merci à Arthistick pour cette interview!


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