Retour sur Harash

Tout au long de ces quelques lignes, je vous inviterai à prendre une pause, loin du box office américain, loin des budgets à neuf chiffres, loin des « belles gueules » et des yeux bleus. Harash, comme son nom l’indique ne vous ménagera, mais ne vous essoufflera pas non plus. Ce court métrage de Ismaïl El Iraki résume à première vue et en quelques minutes la gangrène casablancaise : pauvreté, alcoolisme, agressions, corruption… En effet, Assad fait partie de ceux qui ont abandonné le sable pour du goudron sous prétexte qu’il était plus adéquat à la marche. Seulement, loin de la théorie, il se retrouve dans les quartiers populaires de Casablanca où les enfants le considèrent comme ennemi de la nation, ainsi orphelin, battu et marginalisé, il finit par errer, en bon délinquant, dans les rues de la grande ville.

 

 

Ce court métrage arrive comme une courte histoire racontée sur un pas de porte en plein milieu d’un quartier populaire casablancais. Votre ami, Lwayin, fera des pauses en vous racontant ses mésaventures en relativisant grâce à une touche d’humour pour aussitôt revenir au centre même de son conte : Assad, son meilleur ami. Nous ne regretterons pas cette voix off qu’insère habilement Ismaïl El Iraki afin de déborder sur les autres thèmes dans le but d’enrichir sa critique.

Parce que Harash en est avant tout une critique… En effet, Ismaïl El Iraki ne manque pas de rappeler où sont les vraies valeurs en opposant deux situations : le jeune riche docile agressé par un Assad décevant puis la révélation de la réelle personnalité de chaque personnage : Assad, le voleur sensible dont la conscience est réveillée par les agissements de sa victime qui se révèle être un psychopathe protégé par son « nom de famille ».  Dès lors débute, l’exposition d’un Maroc ou du moins d’une ville placée sous les couleurs de l’anarchie et où l’unique justice est la vengeance.

Ce que l’on retiendra des ces 28 minutes, est un vrai moment de cinéma caractérisé par une justesse, une richesse en thèmes ainsi que la performance d’un antihéros : Said Bey tout à fait remarquable.

Enfin, pour les plus politisés d’entre vous, je parle de ceux qui resteraient sur le problème du Sahara en début de film, notez que le réalisateur a fait correspondre les dernières images du court métrage « Mgharba Tal Mout » de don Bigg.

Découvrez Harash de Ismail El Iraki

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