Retour sur ces films qui ont défié la censure

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  • samedi 27 décembre 2014 à 20:26 GMT

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Immoral, morbide, violent, gore, idéologiquement inapproprié, inadapté aux circonstances… Lorsqu’il s’agit de censure et d’interdiction, il faut croire que toutes les raisons sont bonnes, des plus ridicules ou plus fondées.

La déprogrammation au Maroc du dernier Ridley Scott aussi inattendue soit-elle vient nous rappeler des désapprobations et des interdictions à la diffusion beaucoup plus mémorables qui ont à la fois bouleversé et marqué l’histoire du cinéma.

Nous revenons ici sur cinq grosses productions qui ont rencontré des difficultés conséquentes à leur sortie mais qui sont quand même arrivées à gagner l’admiration et l’approbation de la communauté cinéphile.

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► The Great Dictator de Charlie Chaplin (1940)

Considéré comme le plus grand succès de Charlie Chaplin, le Dictateur avait énormément dérangé lors de sa sortie en salles. Même que pendant sa réalisation, le gouvernement allemand était allé jusqu’à demander l’abandon du projet. Satirique, et dénonciateur, le film a été interdit de projection en Allemagne jusqu’à la fin de guerre, ainsi que dans d’autres pays d’Europe notamment en Espagne et en Irlande.

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A Clockwork Orange de Stanley Kubrick (1971)

Considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs films américains de l’histoire du cinéma, Orange Mécanique fort de son histoire, son message et son esthétique a pourtant inspiré des actes de violence démesurés qui ont divisé l’opinion à son propos, notamment au Royaume-Uni. Les citoyens mécontents de la situation n’avaient pas  tardé à pointer du doigt Stanley Kubrick et son film comme étant les principaux responsables des vagues d’agressions excessives, et les menaces faites à l’encontre du réalisateur et de sa famille ne s’étaient pas faîtes attendre. Craignant pour la sécurité de celle-ci, Kubrick demanda à Warner Bros de retirer le film de toutes les salles britanniques et ce après soixante et une semaines de projection.

Le film restera censuré au Royaume-Uni jusqu’à la mort de Stanley Kubrick,  et ne sera reprogrammé qu’après sa mort, soit vingt-sept ans après sa date de sortie.

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► Last Tango In Paris de Bernardo Bertolucci (1972)

Les scènes crues du film lui ont valu d’être interdit et censuré dans certains pays.  De nombreux pays européens ont jugé son contenu trop suggestif et quelques scènes très choquantes et ont par conséquent décidé de l’interdire à une audience de moins de 18 ans. Au Royaume-Uni, certaines scènes ont été raccourcies avant d’autoriser la programmation du film. En Corée du Sud et au Portugal le film a tout simplement été interdit. En Italie, le film a connu six jours de gloire avant d’être soudainement retiré par ordre du procureur et Bernardo Bertolucci a quant à lui été déchu de ses droits civiques pour une durée de cinq ans.

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► Mad Max de George Miller (1979)

Considéré comme le film ayant propulsé Mel Gibson au devant de la scène international, Mad Max, jugé à l’époque comme extrêmement violent, a suscité le débat quant à sa censure. Les autorités concernées ont fini par s’arranger pour le projeter en supprimant les scènes les plus abusées mais en France, le film n’est sorti qu’en 1982 soit trois ans après sa sortie australienne.

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► The Last Temptation of Christ de Martin Scorsese (1988)

Condamné par les autorités religieuses bien avant sa sortie, ce film pour lequel Martin Scorsese a reçu sa deuxième nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur a affolé la communauté chrétienne dans le monde entier. Sa sortie aux Etats-Unis a conduit à de nombreuses protestations. La Turquie, le Mexique, l’Argentine et le Chili ont interdit sa diffusion pendant plusieurs années. En 2010, le film est toujours interdit à Singapour et aux Philippines.

Les films marocains n’échappent pas à la censure

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Notre cinéma n’échappe pas à la règle, Nabil Ayouch et Mohamed Achaour ne font pas l’exception. Avec « Une Minute de Soleil au Moins », Nabil Ayouche a attisé l’indignation des autorités marocaines qui ont qualifié des plans du film comme  « obscènes » et ont appelé à son interdiction immédiate.

Retiré du Mégarama de Casablanca prématurément au grand désarroi de Mohamed Achaour,  « Un Film » aurait apparemment titillé les sens et la conscience de certains spectateurs causant une déprogrammation brutale et irritante.

Le constat est triste mais l’étouffement dont font l’objet certaines disciplines n’est que provisoire. La confiance des autorités dans les acteurs culturels doit être renforcée  parce qu’en fin de compte, mille et une façons existent pour contourner la censure et il serait dommage de voir l’imagination et la créativité des artistes mises à la disposition de la censure plutôt qu’à celle de l’art et de la culture.