Rencontre avec Mashrou’ Leila, les porte-drapeau d’une génération contéstataire

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Les mashrou’ Leila,  phénomène incontestable de la scène alternative arabe de ces dernières années bouscule les règles de l’establishment de l’industrie musicale de la région. Quelques jours avant un concert tant attendu et espéré par leurs fans marocains, rencontre avec cinq musiciens impressionnants de passion et de détermination.

 

Nous leur donnons rendez-vous à leur arrivée à Casablanca le lundi soir et décidons de les accompagner lors de leur première journée au Maroc. Dans un restaurant branché de la corniche Casablancaise, lors d’une virée nocturne en voiture, ou dans les coulisses de leur première télévision au Maroc, Artisthick était avec eux et ne les a pas lâchés.

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Une musique qui rassemble et leur ressemble

Leur histoire commune commence en 2008 sur les bancs de l’université américaine de Beyrouth, théâtre de leur rencontre. Le projet d’une nuit ( traduction en français de Mashrou’ Leila) devient alors le projet d’une vie pour les cinq membres que compte le groupe aujourd’hui. En 2009, leur premier album Fasateen, adoubé par la critique les propulse au rang de porte-drapeau d’une génération toute entière.  « Ce n’est pas quelque chose que nous avons planifié, nous voulions juste faire notre musique sans forcément appartenir à une quelconque industrie. Nous avons trouvé la bonne occasion et le bon timing pour créer quelque chose qui a réussi à vivre par elle-même. » explique le chanteur du groupe Hamed Sinno. Unique parolier du groupe, il aborde la critique sociale et défie les mœurs d’une société qui ne « bouge plus ». Le groupe tente de bousculer la pop arabe, trop complaisante à leur gout, et chante sans tabous la sexualité, la drogue, la corruption, la démagogie, le droit des femmes ou l’amour entre hommes comme sur la chanson « Shim El Yasmin ».  Pour Hamed, les thèmes abordés dans les chansons du groupe « se présentent de façon naturelle», avec pour mission de faire une musique qui « rassemble et leur ressemble ».

Ouvertement gay, Hamed Sinno, ne souhaite pas que l’on réduise la formation à cette seule dimension «Seules trois chansons parlent de ce sujet, et puis  je n’ai jamais caché mon orientation sexuelle. C’était de notoriété publique. Les réactions du public étaient mitigées. Il y a les conservateurs qui pensent qu’un artiste ne devrait pas aborder ce genre de questions, mais il y a aussi des personnes qui nous soutiennent. »

Groupe emblématique

Leur troisième album Raasuk sorti en 2013 et enregistré à Montréal rencontre un grand succès, et les conforte dans leur place de valeur sûre de la musique alternative arabe. Mashrou’ Leila réussissent même à réunir 60,000$ pour la production de leur album lors d’une campagne de crowdfunding, un montant jamais atteint par des artistes arabe. Poétique et contemporain à la fois, les Mashrou’ Leila jouent désormais dans la cours des grands, et enchainent les concerts au Moyen orient, en Europe, et aux États unis.

Au Liban et en Égypte, où l’engouement est le plus grand, le groupe arrive à remplir des salles de 5000 places. Au Maroc, ils se produiront pour la première fois à l’occasion du salon Visa For Music, le 13 Novembre au théâtre Mohammed V de Rabat.  « Le Maroc était l’un des premiers pays où l’on devait se produire, mais ça n’a jamais été fait. Nous sommes heureux d’être là et de rencontrer le public marocain. » nous confie Carl, le batteur du groupe.

Le rendez-vous est donc pris pour Hamed, Badr, Firas, Haig et Carl pour leur baptême du feu au Maroc, et pour un concert qui on l’espère tiendra toute ses promesses.

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Reportage photo et vidéo par Lamiae Skalli.

Remerciements : Younes Boumehdi de Visa For Music / Selma Squalli et Younes Lazrak de Korsa Live (2M).