Quatrième ouvrage de Saphia Azzedinne : Héros Anonymes

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  • jeudi 27 octobre 2011 à 20:47 GMT

Virevoltant tout en allant de l’avant, Saphia Azzedinne est décidément prête à prendre place en cette cour des grands. Elle avait déjà impressionné par ses précédents ouvrages, où il est question entre autres de social, de religion et d’identité. Des sujets où certes, il ne fait pas bon d’y traîner mais qu’ici Saphia traite sans rechigner et avec brio. Elle en est même allée jusqu’à adapter un de ses romans au grand écran. Pari réussi et toute première expérience à applaudir. (Nous en avions fait un article ici)

Cette fois-ci encore, en bondissant là où on s’y attend le moins, Saphia ne désenchante pas. Native d’Agadir qu’elle est, elle signe là son quatrième ouvrage aux éditions Léeo Scheer. Avec pour titre : Héros Anonymes qui est une histoire aussi percutante que polémique et qui fera à coup sûr parler d’elle, encore et encore.

L’histoire telle qu’elle nous est venue par la plume de cette franco-marocaine, est celle d’un jeune du nom de Ryan. Père marocain et mère française, il est alors de ces enfants ou jeunes qui savent se cacher derrière des brins de malice pour arriver à leurs propres fins. Usant de divers subterfuges, il surfe sciemment entre le cynisme et la méchanceté gratuite dans un monde de plus en plus intolérant à ses yeux. Oppressant son prochain, dénigrant tout ce qui bouge, et détestant sa propre condition. A ses heures perdues, il s’installe derrière son petit ordinateur pour jouer les jeunes adaptes de l’extrême droite sur Internet. Il ira jusqu’à commettre la chose qui changera en quelque sorte le cours de sa vie : Il commettra un attentat. Convoitant la terreur, il finira par y sombrer lui-même.

Le roman de Saphia Azzedinne tend aussi à surfer, sur les événements majeurs de ce début de millénaire. Avec entre autres, l’allusion au 11 septembre 2001 ou à la haine qui a pu en découler.

Extrait :

« J’aurais bien aimé que ce soit vraiment des arabes qui pulvérisent les tours jumelles. Ca aurait enfin signifié qu’ils sont de nouveau capables de flirter avec le grandiose.

Fini la dérive, bonjour l’audace! Du travail d’arabe, mais de chirurgiens arabes, s’il vous plaît.

Fiérot, je visionnais en boucle ces images délirantes depuis mon réveil et très vite le réel détrôna la fiction et je compris tout seul que mon peuple était bien trop étriqué dans son calbute pour foutre un bazar aussi démesuré.

Les images n’en perdaient pas pour autant de piquant mais ce jour-là je troquais mon keffieh pour ma casquette des yankees. Je m’étais réjoui trop vite, aucune performance à signaler du côté des merguez ce 11 septembre 2001. »