Polémique: Le Harlem Shake secoue le monde arabe

  • Etc 
  • lundi 4 mars 2013 à 21:10 GMT

Depuis les révolutions qui ont secoué le monde arabe en 2011, tout y prête à polémique. Celle qui a rythmé la semaine dernière tourne autour du grand buzz internet apparu pour la première fois au Japon début février 2013, le Harlem Shake. Retour sur le choc Islamistes vs. Harlem shakers.

 

Tout a commencé lorsque la directrice du lycée des Pères-Blancs, dans un quartier huppé de Tunis, a permis le tournage d’un Harlem Shake organisé par ses étudiants. Pour l’occasion, plusieurs lycéens se sont déguisés en salafistes, ou en émirs golfiotes, pendant que d’autres ont préféré danser en sous-vêtements sur le rythme créé par Baauer. Une attitude très rapidement condamnée et jugée par Abdellatif Abid, ministre de l’Education sortant, comme étant «un dépassement du point de vue moral» puisque les «déguisement sont indécents et les habits vestimentaires impudents». Les autorités islamistes ont lancé une enquête sur le lycée et sa directrice jugée responsable de ces actes «scandaleux». Résultat, une nouvelle tempête politique éclate dans le pays : la jeunesse a immédiatement répliqué en organisant un nouvel Harlem Shake vendredi dernier à 15h, cette fois-ci devant le Ministère de l’Education. Alors que plus de 9000 personnes ont répondu présentes à l’évènement sur le réseau social Facebook, seulement une quarantaine de participants se sont effectivement rendues à ce rendez-vous. Toutefois, malgré la faiblesse de la manifestation, le message était présent : «Nous sommes ici pour faire comprendre au ministre de l’Education qu’il ne peut pas nous empêcher de danser. Cette politique d’opprimer tous les esprits rebelles n’est plus acceptable», affirme Rada, l’une des organisatrices de l’évènement. On pouvait entendre les jeunes scander «Liberté !» devant le Ministère.

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Cette secousse n’est toutefois pas une exception tunisienne, à l’image de tous les évènements qui ont lieu depuis les révolutions arabes. D’autres pays de la région se la sont appropriée comme une façon de se révolter contre un système de pensée qui les oppresse. Au Caire, un rassemblement a eu lieu devant le siège des Frères Musulmans ce 28 février pour dénoncer l’arrestation de quatre jeunes ayant dansé le Harlem Shake quelques jours plus tôt en sous-vêtements. En Syrie, c’est pour cesser la violence et stopper la guerre que les jeunes se sont réunis pour danser. Enfin, des Harlem Shake ont été réalisées dans d’autres pays, comme le Maroc, le Liban, la Jordanie, ou encore l’Arabie Saoudite, mais peu de réactions y ont été recensées pour le moment. Un buzz à suivre…

Syrie :

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Maroc :

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Liban :

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Jordanie :

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Arabie Saoudite :

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