Ouverture de la Casablanca Fashion Week 2012 : une 7ème édition prometteuse

  • Etc 
  • dimanche 11 novembre 2012 à 13:25 GMT

Un article de Fadwa AZHARI et Mehdi CHAIBI

Ce jeudi 8 novembre 2012,  l’ex Cathédrale du Sacré Cœur a revêtu ses plus beaux atours de lumière afin d’accueillir la 7ème édition du Festimode Casablanca Fashion Week.

En ce jour d’ouverture, une pléiade de personnalités publiques officiant dans la mode, les arts, le  cinéma, les médias et le web a déferlé sur le tapis rouge installé sur le parvis de la cathédrale, pour assister aux défilés de Mehdi Khessouane et de Fadila El Gadi.

Les invités étaient tous sur leur 31, certains faisant même preuve de beaucoup d’originalité. Et oui pendant la fashion week tous les looks sont permis, du jaune en total look pour certains au noir intégral pour d’autres, en passant par des accessoires  loufoques comme un étonnant sac Pikachu.

Mehdi Khessouane :

Artiste multi facettes issu des Beaux Arts, Mehdi Khessouane applique son style conceptuel sur toutes ses créations, autant en architecture qu’en mode ou en design. Selon lui, c’est la réflexion qui donne toute sa dimension à l’aspect esthétique.

Le jeune styliste avant-gardiste nous offre un défilé aux allures de prise de position contre un monde de plus en plus industrialisé, où la confrontation entre l’Homme et la nature se fait sentir d’avantage.

Les premières silhouettes se déclinent dans des teintes « nude » comme le rose, le beige ou le taupe, sublimées par de discrets imprimés fondus sur des matières fluides et légères.

Les couleurs évoluent ensuite vers le blanc, puis le noir s’y enchevêtre peu à peu jusqu’à devenir monochrome. Une métaphore de tout ce que l’industrialisation progressive inflige à la nature en termes de pollution, de réchauffement climatique et de dégradation de l’environnement.

Mehdi Khessouane mixe des matières organiques comme le lin et autres tissus synthétiques, en prenant soin de contrebalancer le côté industriel de ces derniers par des imprimés inspirés de la nature tels que les motifs arborescents très utilisés sur ses modèles. Combat continuel entre l’homme et la nature qui tente tant bien que mal de reprendre ses droits sur la terre.

A certains moments, nous sommes étonnés de voir les visages des mannequins à moitié couverts par des tissus, ou des protubérances (« tumeurs ») de tailles diverses sur la partie supérieure du corps.

Une « mariée tuméreuse » a clos le défilé, symbole fort des mutations génétiques qui guettent l’homme qui détruit peu à peu son environnement.

La question de l’environnement s’inscrit encore une fois en filigrane dans toute sa collection.

Fadila El Gadi :

Née à Salé, Fadila El Gadi a baigné dans le milieu de la couture et de la broderie depuis son plus jeune âge auprès des Maâlems Slaouis. Après l’obtention de son diplôme en stylisme, elle monte son propre atelier pour se consacrer à ses créations. En 1999, son chemin croise celui d’Yves St Laurent, et là tout s’accélère. Conquis par son allure raffinée, il lui propose d’abord de défiler pour lui avant de faire d’elle la créatrice patentée de sa boutique au Jardin Majorelle. En 2011, elle ouvre son show room à Paris.

22h. Le défilé le plus attendu de la soirée débute enfin. Dans une ambiance très mille et une nuits version 2012, les modèles se sont succédé avec une grâce nonchalante.

Le style de Fadila El Gadi est caractérisé par des coupes contemporaines agrémentées d’une touche traditionnelle marocaine que l’on sent dans le travail de broderie, véritable ADN de la collection.

Robes gandouras revisitées, pantalons oscillant entre sarouels et jodhpurs, petites robes et jupes légèrement plissées arrivant à mi-mollet, vestes et manteaux aux coupes maîtrisées… Une impression de fluidité, de mouvement, et une extrême finesse se dégageaient de toutes les pièces.

Fadila a su mélanger savamment des tissus comme le brocart, le velours, et la mousseline, relevant le tout avec des notes de broderies aux accents marocains et indiens, tout en y intégrant parfois des cristaux Swarovski, conférant à certaines de ses créations  l’aspect de bijoux scintillants et sophistiqués.

Noir, rouges nuancés, blanc, jaune, violet, les couleurs parsemées de touches argent et or ne virent jamais vers le kitch.

Les mannequins au regard charbonneux portaient les cheveux plaqués en chignon sobre, et surtout une raie au milieu accentuée par un « sindur » de couleur rosée.

Sans conteste, la collection de Fadila El Gadi a encore une fois conquis le public, et sous une salve d’applaudissements les dernières sonorités indiennes ont retenti dans la nef de la cathédrale.