Only God Can Play : L’univers espiègle de Simohammed Fettaka

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Présenté par CulturesInterface, l’artiste pluridisciplinaire Simohammed Fettaka explore et partage dans sa première exposition individuelle Only God Can Play un univers où le jeu prend tout son sens et s’amuse à devenir une activité sérieuse. Découverte.

Selon Simohammed Fettaka, artiste visuel basé entre Paris et Tanger, « le jeu se déroule dans la vie et il se nourrit de la vie, il imite les conflits des hommes, le joueur devient acteur de la vie de son personnage, violent, brutal voire grotesque ». En transgressant les règles, d’autres se créent à nouveau dans le but instinctif de mieux dominer pour assurer une victoire. Mais dans ce désir dément de la suprématie, l’Homme s’asservit en devenant le pion de son propre jeu. Ainsi, sa victoire n’est qu’illusion face à son sort.

Baby-Foot, 2015. Simohammed Fettaka. Sculpture en bois d’Iroko, figurines en poussière minérale, impression 3D couleur, gravure artisanale sur métal. 92 x 75 x 143cm . Crédit photo : Yassine Toumi

Baby-Foot, 2015. Simohammed Fettaka. Sculpture en bois d’Iroko, figurines en poussière minérale, impression 3D couleur, gravure artisanale sur métal. 92 x 75 x 143cm . Crédit photo : Yassine Toumi

Suivant cette logique, l’artiste nous présente une série d’œuvres visuelles intelligentes et recherchées tel que le Baby-Foot sans poignets mettant en scène 22 hommes ayant marqué l’histoire de l’humanité. On y reconnaît Platon, Bob Marley, Albert Einstein, ou encore Martin Luther King alignés dans un Huit Clos sans enjeux.

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Maillots, 2015 Textiles et broderies faites main

Simohammed Fettaka décline cette idée en réalisant des maillots de joueurs de football correspondant à ces 22 personnages historiques. Les maillots sont estampillés du symbole berbère de la fertilité (taureau) sur la poitrine, tandis que le numéro et le nom relatif à chaque personnage sont inscrits au dos.

Enfin, l’une de ces œuvres les plus frappantes est un jeu de 40 cartes perverties dont le symbole phallique marque l’empreinte dominante de l’homme dans un certain nombre de situations. Cependant si Simohammed Fettaka représente le jeu par l’homme seulement – une autre façon de rappeler que « this is a man’s world » – le même exercice s’appliquant à la femme aurait enrichi son exposition.

Exposition Only God can play de Simohammed Fettaka. Ouverte au public du mardi au samedi. Du 15 Mai au 06 Juin 2015. De 10h à 12h30 et de 15h30 à 19h30.  Galerie CulturesInterface : 12, Rue El Jihani, Casablanca.