On y était : La Nuit des Philosophes à Rabat

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  • dimanche 23 novembre 2014 à 12:21 GMT

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Ce vendredi 21 Novembre, le Tout Rabat s’est pressé à la BNRM (Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc) pour prendre part à ce rendez-vous intellectuel unique en son genre. A 19h30, l’auditorium est déjà plein, plus de places. Ce n’est pas un problème, on s’accroupit, en s’allonge par terre, d’autres restent debout, ils transpirent, mais semblent oublier la fatigue et la chaleur qui augmente dans la salle. Souriants, attentifs, ils sont tous venus pour écouter Matthieu Potte-Bonneville leur racontant comment  Socrate fut prêt à mourir pour la vérité, tandis que Driss Jaydane leur parle du cynisme de Diogène. Sous le thème du rôle du « philosophe dans la cité » des lignes des Dialogues de Platon ou du Prince de Machiavel ressurgissent et font écho dans la salle. D’Aristote à  Bergson en passant par Kant, les grands noms de la pensée humaniste sont ressuscités en ces quelques heures où culmine l’émulation intellectuelle entre les quelques 40 érudits  en provenance du Maroc, de la France et d’ailleurs. Des débats et des conférences sur l’identité, la religion, la négritude ou sur l’Algérie de Camus prennent place simultanément à plusieurs endroits de le Bibliothèque, là où la rhétorique séduit et les démonstrations doctes s’arment de syllogismes. Ils sont mille, deux mille, trois mille à venir se réchauffer autour de ce feu de la sagesse, restant pour la plupart jusqu’à 1h ou 2h du matin pour échanger quelques précieux mots avec Marc Crépon, Francis Wolff, Adil Hajji, Mohammed Kettani citant toujours Dumarsais en guise de référence ou encore Ali Benmakhlouf qui nous parle d’Al-Kindi.

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Ali Benmakhlouf, philosophe de la logique et professeur à Sciences Po. Paris, a pris part à l’événement

Après Paris, Londres et Berlin, ce sont les villes de Rabat et Casablanca qui ont fièrement accueilli la prestigieuse nuit des philosophes les 21 et 22 Novembre 2014 sous le credo de la tolérance, du partage et du savoir. Un rendez-vous culturel phare, organisé par l’Institut Français, qui a attiré des jeunes surtout dont un certain nombre d’élèves du lycée Descartes encouragés par leurs professeurs, un espoir pour l’avenir de la philosophie au Maroc où elle a longtemps été en berne et ce depuis 1977, une date de deuil pour l’enseignement marocain aux yeux de M. Kettani.