Nass El Ghiwane : oldies are still goodies.

Alors que le printemps arabe bat de son plein dans les contrées voisines et que les peuples se dressent contre la coercition imposée par leur systèmes politiques , le Maroc lui se fait de plus en plus discret que l’on viendrait même à oublier les années de plombs, des années de révolte et de militantisme ayant démocratie et justice pour dessein .

Lecteurs d’Artistick , détrompez-vous, je ne parlerai pas de politique mais bien de musique.  De musique marocaine engagée, d’un groupe ayant milité, d’un groupe révolté et éloquent. Aujourd’hui, je vous parle d’un groupe comme il n’en existe plus, Nass El Ghiwane.

1970, en pleine époque Woodstockienne,  Omar Sayed, Larbi Batma, Boujmaa, Alal Yaala & Abderhmane Paco , tous issus du quartier casablancais Hay El Mohamadi vont se rassembler et créer l’un de ces groupes qui marquent des générations entières.

Soudés par les mêmes ambitions, par le même amour de la musique et du pays, ces cinq jeunes artistes marocains feront leurs premiers pas sur les planches mythiques (mais de plus en plus oubliées) du Théâtre Mohammed V.  Et c’est ainsi que naquirent Nass El Ghiwane.

Sinia, Lebtana ou encore  Wach hna houma Hna sont des titres révolutionnaire, mêlant mélodies d’art populaire typiquement marocain avec toute la diversité dont celui-ci regorge. Avec leur Bendir, leur tbilat, et leur guembri, Nass El Ghiwane ou les Rolling Stone de l’Afrique comme aime à le rappelé le réalisateur américain Martin Scorcese ont su toucher un Maroc fragile, réunissant autour de leur musique l’ensemble des strates du peuple marocain; un peuple alors bâillonnée par la restriction, la censure et la répression.

Image de prévisualisation YouTube

« Rah Ferk Adim Bine Teffah ou Roumana

Grande est la différence entre les pommes et la grenadine.

Ouach men Ferk  Bin Nta…Ou nta…Ou ana ?

Et quelle différence il y a entre toi… toi… et moi? » chantaient Nass El Ghiwan, pointant du doigt les inégalités que subissait le peuple marocain.

Et c’est justement ce qui manque à la scène musicale et culturelle marocaine d’aujourd’hui : Nass El Ghiwane chantaient bien fort ce que les marocains pensaient tout bas. Leur amour pour le Maroc, leur amour pour la musique et leur combat pour la justice ont définitivement marqué le cours de l’histoire culturelle et politique marocaine.

Image de prévisualisation YouTube

Nass El Ghiwane, plus qu’un groupe, une histoire, un emblème de la liberté et du militantisme marocain. Un groupe qui a bravé l’interdit, qui n’a pas hésité une seule fois à dénoncer, de façon subtile et théâtrale, les mille et une injustices dont souffrait un peuple fraîchement décolonisé. Des hommes puis des artistes courageux, authentiques et incorruptibles.
Nass El Ghiwane, je m’incline devant vous.

Longue vie à ceux qui sont encore parmi nous et paix aux âmes des disparus.