Nass El Ghiwane : Come-back estival avec une touche Amazigh

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Les légendaires Nass El Ghiwane reviennent cet été avec un nouvel album intitulé « Al Baraka », qui signifie en Arabe « La bénédiction » et dont l’essence même est puisée dans le cœur du patrimoine musical marocain.

Entre gnawi, issawi, houawari et malhoune, « Les Rolling Stones de l’Afrique », comme les surnomme le réalisateur italo-américain Martin Scorsese, revisitent inlassablement les genres musicaux les plus connus du Maroc. Mais le plus surprenant reste la réalisation d’une chanson en Amazigh qu’ils ont récemment interprétée pour la première fois sur scène lors de la 10ème édition du festival Timitar d’Agadir.

En effet, c’est la première fois que le groupe utilise cette langue, et cela sans doute dans le but de mieux chanter une société hétérogène, cosmopolite et dont le brassage culturel représente un véritable trésor humain. Eux mêmes issus d’un milieu populaire défavorisé dans le quartier casablancais de Hay Al Mohammadi, qui donc mieux que les Ghiwanes peut relater la souffrance, la corruption, l’humiliation et l’oppression que subit le marocain lambda au quotidien, un quotidien chanté pour tous les marocains quelque soit leur origines.

Le nom de la chanson écrite en Amazigh s’inscrit d’ailleurs dans le même cheminement de pensée, et s’intitule « Tidiklt » signifiant paume de la main. Ce titre montre la volonté du groupe à véhiculer un message de solidarité à un Maroc uni comme les doigts de la main. Et unis comme les doigts de la main sont Nass El Ghiwane, car même après plusieurs crises, menaces de dissolution et la perte de trois membres, ils sont toujours là : stoïques tel un roc afin d’offrir une voix à ceux qui n’en ont point et de défendre le défavorisé et l’opprimé. Les aficionados de Nass El Ghiwane auront donc de quoi se réjouir pendant cet été avec un album composé de 10 titres au total.