Mirages: un film insuffisant

Mirages, un film qui résulte d’une coopération franco-marocaine, est sorti en salles nationales depuis le Mercredi 9 Janvier. L’histoire du film se déroule presque entièrement dans le désert. Les protagonistes, cinq candidats à un poste au sein d’une grande multinationale, se présentent à ce qui devrait être l’entretien final de sélection. Après une courte rencontre avec le Directeur de la société, ils sont transportés dans un minibus sans vitrage, vers une destination qu’ils ignorent. Tout ce qui leur est communiqué, c’est qu’ils passeront un test pour que le meilleur soit sélectionné. Soudainement, un accident arrive, le chauffeur disparaît et les cinq personnages se retrouvent en plein milieu du désert. Commence alors une course pour la survie, durant laquelle chacun se trouvera par moments confronté à ses propres peurs, ses angoisses et ses souvenirs enfouis.

mirages-3

Avec un film marocain de fiction, qui commence assez bien déjà, on s’attend enfin à quelque chose de différent par rapport à ce que nous avons eu l’habitude de voir. Les espérances tombent à l’eau malheureusement, au fur et à mesure que le film avance.

 

mirages 1

 

Au niveau du scénario, on sort avec l’idée qu’il n’a pas été travaillé avec assez d’attention dans ses détails. Certaines erreurs et contradictions se font repérer très facilement par le spectateur. De plus, dans plusieurs scènes, les phrases du dialogue sont vides. On a l’impression qu’elles sont là pour remplir le scénario, et rien d’autre. Les scènes de panique que les personnages vivent durant leur épreuve sont mal préparées, et surgissent de manière un peu soudaine et hasardeuse, au point de rendre la situation drôle plutôt qu’angoissante.

 

Mirages 4

 

Les relations entre les personnages sont un autre point d’insuffisance pour le scénario. Elles n’évoluent pas de manière croissante avec les situations que les candidats affrontent. Dès le début de l’histoire, les liens d’amabilité ou d’hostilité entre les personnages se mettent en place, sans aucun effort, ni raison de tissage. Enfin, l’alternance rapide entre arabe et français dans le dialogue est un aspect négatif, qu’on se passera de relever de manière plus détaillée, puisque la problématique de la langue peut nous mener vers une autre, celle identitaire.

 

mirages 2

 

Les jeunes acteurs interprétant les cinq rôles principaux, arrivent toutefois à limiter les dégâts. Avec un niveau d’implication très profond, et presque similaire pour tous, ils arrivent à mettre chacun sa propre touche au film. S’agissant à la base d’un scénario français, on comprend la valeur ajoutée des acteurs, quand une certaine marocanité surgit dans quelques scènes. Parmi les cinq acteurs, Mustapha El Houari, Meryem Raoui ou Omar Lotfi ont déjà prouvé leur talent auparavant, et ne font que le confirmer dans Mirages.

 

Concernant la réalisation, Talal Selhami, qui réalise ici son premier long métrage, a opté pour une caméra dynamique et des plans assez rapprochés dans les scènes appropriées, ce qui réussit généralement pour ce genre de film. D’ailleurs, l’image arrive très bien à transmettre l’anxiété des personnages.

Bande annonce

Image de prévisualisation YouTube

 

Pour faire bref et laisser le reste à votre appréciation quand vous aurez vu le film, on finira par dire qu’il s’agit d’un film moyen, qui n’arrive pas à retenir l’attention durant toute la prestation. Le tout s’achève avec une fin de laquelle on se sait trop que penser, puisqu’elle laisse à désirer.