MGMT, l’autoportrait

Après Daft Punk ou Phoenix, l’année 2013 continue avec son lot de « gros » albums avec ce mois-ci le nouveau MGMT, modestement appelé… MGMT ! Eh oui pour continuer dans l’étrange manie des self-titled albums qui prend les artistes ces temps-ci (Paramore et Arctic Monkeys entre autres) le groupe new yorkais sort son nouvel opus le 17 de ce mois, et on l’a écouté pour vous ! Alors, quoi de neuf dans cet album ? En fait, pas grand chose ! Et c’est peut être ça qui rend ce groupe si spécial, déjà le troisième album et toujours la même veine excentrique et psychédélique inépuisable. Après un deuxième album passé relativement inaperçu et parfois même décrié, le duo revient avec la même inspiration déjantée à base de visions sous psychotropes et substances en tous genres, cet opus suit en majorité le tournant entamé par Congratulations vers une musique beaucoup moins populaire que l’était celle du premier album, confortant la place du groupe dans l’univers qui lui est propre.

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Le disque commence avec le premier extrait dévoilé : Alien days, un titre plutôt calme et posé qui amorce l’album à la façon d’un éveil progressif, plongeant déjà l’auditeur dans le monde de MGMT, comme un avertissement : « si vous n’aimez pas Alien days, n’écoutez pas le reste ! ».

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La suite est assurée par cool song no 2, un titre peu évocateur et pourtant l’un des morceaux les plus représentatifs du groupe, à mon avis, et l’un de mes préférés aussi ! Ambiance tropicale, voix lointaine et musique aux accents orientaux sur fond de tambours, Cool Song no 2, à l’image de son nom est un morceau cool ! Le titre qui vient ensuite s’appelle Mystery Disease, un morceau dans la continuité psychédélique des deux premières chansons, un peu plus posé et répétitif, il offre une pause dans le voyage. Vient ensuite Introspection, une reprise d’un morceau de 1968 originellement interprété par le groupe Faine Jade, un morceau qui colle parfaitement avec le style du groupe, chose qui n’a pas l’air aisée au premier abord ! Après cela vient LE TUBE de l’album (car il en faut bien un), plus populaire, moins déjanté que les autres titres, Your Life is a Lie qui tient la place de Kids dans le premier album, un morceau plus simple apte à être diffusé aux heures de grande écoute, quitte à perdre de sa superbe, le groupe s’octroie ainsi un peu plus de visibilité.

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Aussitôt oublié, Your Life is a Lie laisse la place à un bon gros morceau » Space » comme seul MGMT sait en faire : A Good Sadness, un titre intersidéral, qui mélange tout dans un magnifique brouillard sonore, en somme, la soupe originelle des MGMT. Le morceau qui arrive ensuite est Astro-mancy, un nom bizarre pour un titre étrange, voix en échos, bazar sonore à la manière du titre précédent, quoiqu’un peu plus calme, un gros bruit dont émerge un mélodie entrainante. L’album continue ensuite avec I love you too, death, un titre complétement MGMT, étrange, bruyant et brouillon, un truc qui va dans tous les sens et qui nous emmène avec lui jusqu’au morceau suivant. Ce dernier,  justement, Plenty of Girls in The Sea, un morceau plus classique, même si l’empreinte MGMT y est très marquée, qui donne un nouveau tournant à l’album, un peu moins psychédélique, quitte à réveiller un peu l’auditeur. L’album se termine par Orphan of Fortune, un morceau qui martèle à nouveau le style MGMT une dernière fois.

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Alors que faut-il retenir de cet album ? Un autoportrait fidèle du groupe, un opus à son image, étrange et presque inaccessible portant le duo hors des frontières de la pop music, autrement dit, au lieu de vous précipiter sur le prochain album de Lady Gaga préférez quelque chose d’un peu plus original et différent, préférez MGMT !

P.S : Vous pouvez écouter l’album autant de fois que vous voulez et gratuitement ici