Mehdi Qotbi : « Couleur écriture, 40 ans de peinture »

Image_Qotbi_2013

Jusqu’au 1er juin, la Fondation Attijariwafa bank accueille l’exposition « Couleur écriture, 40 ans de peinture », une rétrospective de l’œuvre de l’artiste à la renommée internationale Mehdi Qotbi. En tout, le public pourra découvrir une soixantaine d’œuvres, peintures, dessins et objets datant de 1969 à aujourd’hui. Et une occasion d’en savoir plus sur le parcours singulier de cet artiste hyperactif et multi facette nommé depuis peu à la tête de la Fondation Nationale des Musées.

Né en 1951, Mohamed « Mehdi » Qotbi grandit à Rabat au sein d’une famille modeste. Il fréquente par la suite brièvement le lycée militaire de Kénitra, où il se fera remarquer en dessinant sur un mur un tigre sans n’avoir jamais tenu un pinceau auparavant. Un prémice de son destin exceptionnel… Il quitte le lycée à 15 ans, tente de gagner son pain pendant deux ans avant de s’inscrire à l’Ecole des Beaux-Arts de Rabat. En 1969, sa rencontre avec le peintre Jilali Gharbaoui est déterminante dans la mesure où elle le conforte dans son choix. Il quitte le Maroc la même année afin de poursuivre ses études aux Beaux-Arts de Toulouse, et s’installe à Paris en 1972 après l’obtention de son diplôme. Il y exercera le métier d’enseignant en arts plastiques en parallèle à sa carrière de peintre. Les peintres l’ayant influencé sont Monet, Klimt et Tobey.

tableau-mehdi-qotbi

Toute sa vie, Qobti a voué une profonde admiration aux grands écrivains, poètes et philosophes de ce monde. C’est de cette volonté de les approcher que sont nées les « Rencontres écrites », œuvres où les textes de Césaire, Mohamed Choukri, Léopold Sedar Senghor, Jean d’Ormesson et bien d’autres côtoient les compositions de l’artiste.

Et ce touche-à-tout a aussi collaboré à la création d’objets ou bijoux précieux avec de célèbres artisans et manufacturiers comme le calligraphe Yahya ou la maison Cartier.

qotbi

Focus sur l’oeuvre de Mehdi Qotbi

Le point de départ du travail de Qotbi est la lettre cursive. Le signe arabe est calligraphié, répété infiniment sur toute la surface des toiles… mais n’y cherchez pas un sens linguistique, vous n’en trouverez pas. Dixit l’artiste lui-même, les lettres «sont visibles, pas lisibles»! L’ensemble offre une invitation à la contemplation,  et d’après la commissaire de l’exposition Ghitha Triki « comporte un sens mystique qui n’est pas sans faire penser aux formules calligraphiques soufies ». On se laisse guider dans un monde où la lettre libérée de son sens premier se décompose et recompose, laissant libre cours à notre imaginaire au rythme des déliés sensuels.

On pourrait relever  quatre périodes plus ou moins distinctes dans les 40 ans de peinture de Mehdi Qotbi. Dès 1969, son œuvre revêt déjà la dimension « onirique » qui la caractérisera ensuite. A cette époque il utilise peu de couleurs, peint « de vagues visages, des formes anthropométriques ou animales ». En 1975 la toile « Sous le regard de Monet » apporte un nouveau souffle à sa création. Par la suite, entre 1980 et 1990, son travail gagne en maturité et ses lignes se font plus structurées. Mais depuis 90, cette tendance s’inverse, ses toiles se font plus grandes, les formes plus ondoyantes et les couleurs vives. Des masques africains apparaissent, et se mêlent harmonieusement à l’écriture.

Cette exposition permettra également au public de découvrir sa dernière série nommée « Regard sur le tapis », réalisée en 2012/2013 en hommage à sa mère. Il s’agit d’un ensemble de toiles et de croquis s’inspirant des tapis originaires de diverses régions du Maroc. 

0539998de15003afecc6d9aacb0c7fc2e8c099a7

Lieu de l’exposition : Espace d’Art Actua – 60,Rue d’Alger.Casablanca