Mawazine: Mariah Carey, la déception

Hier soir, la onzième édition de Mawazine arrivait à son terme après neuf jours de festivités et de spectacles  surprenants et inédits. Pour cette année, Les organisateurs de cette édition avaient décidé de finir sur une note R’n’B. En effet, ayant à son actif un peu plus de 13 albums, Mariah Carey de par sa voix et son talent prodigieux, fut censée être le clou de la cérémonie de clôture du festival. A-t-elle été à la hauteur ?  A-t-elle ébloui son public et donc respecté sa part du contrat ? Autant de questions qui bousculent à priori votre sens critique et à fortiori le notre aussi.

C’est un samedi soir. Il est 21h30 et un monde fou attend patiemment la diva Mariah Carey. L’ambiance est bonne, enfants, petits et grands se sont rassemblés pour écouter l’interprète de Obsessed, Without you ou encore Touch My body et danser au rythme de ses légendaires déhanchés.

Une heure plus tard, les hués commencent à se faire entendre. Mariah Carey fait sa diva et son public s’impatiente. Le mécontentement est perceptible dans l’audience, quelques personnes quittent les lieux, scandalisées par le manque d’engagement et de sérieux de la chanteuse connue pour ses retards faramineux.

22h45, le show commence enfin pour le grand soulagement des personnes présentes qui ne se gênent pas d’exprimer leur mécontentement en huant et le présentateur, et la chanteuse. Après une entrée des plus atypiques –  nous faisons référence ici au groupe de Gnawas gesticulant avec les danseurs de l’artiste dans un manque de synchronisation des plus affligeants- Mariah Carey, essaie de dialoguer avec son public : Gros « Fail ». La Diva n’arrête pas de se plaindre de problèmes techniques. Néanmoins, pour faire oublier ses geindries, Carey chantera un extrait de «  Moustafa ya Moustafa » en prétendant que ce fut le titre qu’elle interpréta à sa toute première montée sur scène il y a des années de là. On reste dubitatif, le public aussi.

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Quelques instants plus tard et armée de son microphone en diamant, Carey commence enfin à chanter et réussit même à faire danser son public sur « It’s like that ».  Seulement et au bout de deux ou trois titres, la déception du public se fait de plus en plus perceptible : Celle qu’on surnomme Mimi ne fait aucun effort vocal durant ses premières chansons et sa prestation frise le superficiel. En effet, Mariah ne se donne pas à 100 pour cent pour son public marocain et lors de son duo avec le chanteur et ami de longue date Trey Lorenz, l’on avait la nette impression que ce dernier trouvait plus de plaisir à être sur scène qu’elle ne l’était.

Une heure après, une panne de micro et deux changement de tenue plus tard – ce qui mécontenta son public d’avantage car Madame passait en moyenne 10 minutes à enfiler ses robes –  Mimi interpréta ses titres phares tel que Hero, Without you, et We belong together. Dans I’ll be there, l’on percevra un semblant d’effort de voix, Mariah commençait à apprécier sa montée sur scène. Le public en oublia presque ses nombreuses frasques, savourant la voix et le déhanché langoureux de la diva qui, affalée sur un divan, se prélassait en interprétant My all.

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Dans l’ensemble, le concert censé faire la clôture de la onzième édition de Mawazine fut pour nous, une véritable déception. Alors qu’on s’attendait à ce que Carey enflamme la scène, celle-ci n’a pu offrir qu’une prestation tiède, chose qui a laissé ses fans marocains presque amers. L’artiste aurait pû faire quelques efforts et laisser ses comportements de diva le temps d’une soirée que certains ont quand même dû payer assez chère pour présenter un show digne de ce nom, digne de la renommée internationale de Carey.