Masterclass: Rencontre avec Darren Aronofsky

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  • vendredi 7 décembre 2012 à 12:55 GMT

 

 

C’est un fait élémentaire : Le monde du cinéma a ses codes, ses secrets, ses recettes magiques.

Le profane, s’il veut briser les tabous, pourra lire quelques interviews, quelques anecdotes planant autour de la réalisation de tel ou tel film. A la rigueur, il pourra visionner des scènes inédites, si toutefois sa bourse est suffisamment rassasiée, pour s’offrir un Director’s Cut … Ou pour jouir d’un voyage à Marrakech, entre le 30 Novembre et le 8 Décembre.

Le Festival International du Film de Marrakech entérine sa promesse de nouveautés, d’exclusivités cette année, avec ses Masterclass.

Assister à une Masterclass, c’est comme dire à un prof de philo vous proposant ses services : « Non merci. Je bénéficie de cours particuliers de philosophie, gratis, avec J.P. Sartre ». 

Ici également, les cours sont particuliers, très particuliers; Gratis; Et avec des personnalités notoires.

A travers les Masterclass, ainsi que les conversations qui s’en suivirent, le public partagea, partage, et partagera une expérience unique : Celle de s’immiscer dans le monde du cinéma, en connaitre les coins & recoins, et enfin: Pénétrer la subjectivité du réalisateur, dont les scénarios, acteurs, effets spéciaux et j’en passe, sont l’outil d’accomplissement.

Ne vous inquiétez pas si vous n’étiez pas présent. Nous y étions, et nous avons recueilli pour vous l’essentiel de la Masterclass.

Masterclass I : Darren Aronofsky.

Darren Aronofky n’a pas besoin de Highlight: Né en 1969, Darren a réalisé de nombreux films à succès, dont Requiem For a Dream & Black Swan. De commerce agréable, il a consenti de bon cœur de partager avec nous son expérience. Oyez donc !

Darren Aronofsky se dit forgé de films. Le secret de l’excellence réside dans la familiarisation, et ce n’est qu’en tutoyant le cinéma qu’il arriva à devenir réalisateur de renommée.

Sa première réalisation, « Pi » (1998) , narre l’histoire d’un mathématicien, possédant un supercomputer et désirant percer le secret de la vie. Non, Mesdames & Messieurs, je ne vous parle pas d’un navet à la « Back To Future X », mais d’une bien belle réalisation.

Le film, tout entier en noir, et blanc, nous expose un protagoniste paranoïaque,troublé.

Brève confidence livrée par Darren : Le film a partiellement été tourné dans l’illégalité; En effet, des scènes furent prises sans accord préalable des autorités concernées.

Et puis, cette réalisation, effectuée avec un budget de bord d’une valeur de 60 000 Dollars … En rapporta 3 216 970 !

Darren nous parla aussi d’un film qui nous tenait -Et lui tenait- à cœur : Requiem For A dream. Brillant chef d’œuvre déconstruisant cette vision si sacralisante – Et si Hollywoodienne – sur la drogue.  La drogue comme moyen d’atteindre le rêve, la drogue comme moyen de panser la blessure du rêve détruit, l’addiction à la drogue, l’addiction au rêve …. C’est tout un.

Darren nous livra qu’en lisant le roman éponyme l’ayant inspiré, il avait une vision. Vision si parfaitement décrite par le roman qu’il pensa de suite à la transférer sur grand écran. Bien sur, il y eut la problématique du financement: Peu de studios acceptent de parler de ces sujets … Mais il visa juste, et le film fut un succès.

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De Noah, sa prochaine réalisation, il ne parle que peu ou prou. Aimant ménager les surprises, les bonnes surprises, il nous somma d’attendre la sortie du film.

Quelques questions très pertinentes furent posées à Darren, dont nous allons sélectionner les plus significatives :

– Quel est le point commun entre vos 3 réalisations majeurs, Pi, Requiem For A Dream et Black Swan ?

Durant ces 3 films, j’ai essayé d’accéder aux pensées des caractères. J’ai narré leurs histoires à partir de ce qu’ils pourraient penser, dire, faire. Par exemple, dans Black Swan, lorsque la danseuse se transforme en cygne noir, on est toujours dans sa sphère personnelle, dans son imagination, et non ce que voit le public qui y assiste.

– Quel est le meilleur conseil que vous pouvez donner à un acteur ?

Il faut extérioriser ses sentiments. Il ne faut jamais avoir peur de faire cela.

– Quel est le point commun entre votre film The Wrestler & Black Swan ?

Tous deux parlent d’accomplissement personnel, du refus de baisser les bras. L’art du premier caractère (The Wrestler) est un art inférieur, le ballet du second ( Black Swan) un art supérieur. Je parle dans les deux films du sacrifice pour un travail, une passion, et tous deux passent par une machine de douleurs.

– Pourquoi n’avez-vous jamais changé de compositeur ?

J’ai toujours travaillé avec Clint Mansell, c’est un homme formidable: Il suffit que je lui fasse visionner une scène, et il trouve les notes musicales qui iront avec.

La musique est une partie très importante de mes films: Elle agrémente les scènes, leur donne une couleur.

– Pourquoi faites-vous des films ?

Je fais des films car j’aime raconter des histoires, communiquer des idées. J’aime les histoires, et j’ai profité de mon séjour àMarrakech pour aller jeter un coup d’oeil place Jamee-El-Fna. Malheureusement, je ne maitrise pas l’Arabe pour vous relayer ce que les conteurs disaient (Rires).

-De vos films, lequel considérez-vous comme étant le meilleur ?

Hum … Choisir son meilleur film est aussi difficile que d’avoir plusieurs enfants, et en choisir le préféré.