« Mains rudes »: une belle oeuvre dans vos salles

 

Un autre film vient confirmer l’élan du cinéma marocain depuis l’avènement de cette nouvelle décennie. « Mains rudes (أياد خشنة) » de Mohamed Asli, est l’une de ces œuvres qui continuent à renouer le lien entre le cinéma et la réalité vécue des marocains, tout en portant quelques petites touches qui attestent de la créativité du réalisateur.

Mohamed Asli, comme dans sa première réalisation « A Casablanca les anges ne volent pas » (2003), est encore une fois inspiré par sa ville natale. C’est donc entre rues et ruelles de la capitale économique que se déroule une histoire dont les protagonistes sont d’une part, Lemaallem Mustapha, (Mohamed Bastaoui) officiellement coiffeur de métier, mais incarnant le profil du marocain passe partout, avisé, malin et capable de se débrouiller entre falsification de papiers et pots de vin pour gagner son pain. D’autre part, Zakia, interprété par la jeune Houda Rihani, est une institutrice  dans une de ces « écoles privées » qui foisonnent dans les rez-de-chaussée de quelques maisonnettes.

Zakia a pour projet d’immigrer en Espagne afin de rejoindre son fiancé. Pour ce faire, elle aura besoin des services de Mustapha, son voisin, et personne ressource pour tous les habitants du quartier.

Si ce long métrage marque par quelques traits, c’est surtout par le réalisme imprégnant du discours, des images et du décor. Tous ces éléments s’accordent par conséquent avec un scénario également réaliste, fidèle à une certaine représentation très rapprochée du vécu quotidien populaire. Il faut quand même dire qu’après une heure de visionnage, on décèle une chute légère dans ce réalisme si précieux du scénario que présente le film depuis son début.

A côté de Mohamed Bastaoui et Houda Rihani, on retrouve Aicha Mahmah, mère du Maallem Mustapha, interprétant tant bien que mal son rôle de vieille femme souffrant de cécité. En outre, Abdessamad Miftah El kheir (Said), brillant dans sa première collaboration avec Mohamed Asli en 2003, passe cette fois-ci presque pour un personnage fantôme.

Enfin, on ne peut que s’incliner devant la prestation de Mohamed Bastaoui, qui s’impose – s’il ne l’est déjà – comme une des immenses figures contemporaines du septième art marocain. Son rôle principal dans « Mains rudes » lui a valu le Prix du premier rôle masculin lors de la 13ème édition du Festival National du Film à Tanger.

Bande annonce:

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Malgré les remarques qu’on peut y apposer, « Mains rudes » est une belle œuvre disponible actuellement dans les salles nationales. Un long métrage d’un peu plus de 1h30min qui vous donnera un bon plaisir. On le notera donc 3,5/5.