Coup de coeur : Light in Babylon, à la croisée des cultures

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De gauche à droite, Mete, Julien et Michal

La musique a toujours revêtu un caractère sacré, spirituel, elle est peut-être l’unique part du divin que Dieu ait voulu partager avec les hommes. Alors, loin des tourments de l’actualité, des médias passionnés et des guerres inutiles que nous menons contre nos frères de sang, nous avons plus que jamais besoin d’une pause et d’un regain de spiritualité dans une société dépassée qui enterre jour après jour ses valeurs pour tanguer tel un navire sans gouvernail dans un océan d’intolérance.

Nous vous proposons cette semaine un voyage des sens à travers les chansons enivrantes et presque mystiques du groupe Light in Babylon, notre coup de cœur du moment!

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Trois différentes nationalités, un seul message

Ils sont trois, trois jeunes amis et artistes aux airs bohémiens: la chanteuse israélienne Michal Elia Kamal d’origine iranienne, le joueur turc de santur aux dreadlocks Metehan Çifçi et le guitariste français Julien Demarque. Les membres de ce trio original se sont rencontrés pour la première en 2010 dans les rues d’Istanbul. Sur scène les buskers sont accompagnés par le percussionniste turc Amir Asaad et le bassiste anglais Jack Butler. Leur premier album « Istanbul » (2010) précipite leur carrière sur scène, mais c’est surtout leur album « Life sometimes doesn’t give you space » (2012) qui fera d’eux de véritables vedettes en Turquie au point que la chaîne nationale TRT leur consacre un documentaire « İçimdeki Ses » (Voix intérieures) en 2013. Le groupe fait aujourd’hui la tournée de plusieurs pays incluant la Turquie, Chypre, l’Allemagne, la Suisse, la France, la Hongrie, la Grèce, la Finlande, l’Inde, etc. Leur musique célèbre avant tout la diversité, l’amour et la tolérance dans une ville, Istanbul, qui se veut de tradition cosmopolite. Elle puise aussi et notamment dans le répertoire musical juif séfarade et dans l’est de la Méditerranée. Light in Babylon prêche un message de paix, de liberté et de lumière, « light », qui a donné son nom à celui du groupe. « Babylon », voici une autre référence au passé glorieux d’une grande cité qui éclaira le monde par sa lumière.

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Ces airs ne sont pas sans nous rappeler le raffinement d’un Orient d’autrefois, plein de poètes et de poésie. Light in Babylon pioche dans tous les répertoires. Son style, situé entre l’Europe et l’Asie, est un beau melting-pot musical, un foisonnement culturel, comme plusieurs senteurs renfermées dans un seul flacon; quelques feuilles de Patchouli, du musc, du benjoin de Siam, de la citronnelle, le tout avec une pincée de cannelle. Ne sentez-vous pas cette odeur? Ce parfum lointain des déserts d’Arabie, cette odeur d’encens dans les palais et mosquées de Perse, ces pétales de roses qui se déposent sur les bords du Gange céleste?

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Istanbul, ville monde

L’égérie du groupe c’est bien évidemment cette ville, porte d’entrée de l’Orient et de l’Occident, la grande et unique Istanbul! Cette cité imposante, rafraîchie par l’artère que constitue le Bosphore, est unique par sa mosaïque de cultures et ses strates de civilisations qui s’y sont accumulées. L’orgueilleuse capitale des Byzantins continue d’éblouir par ses lumières. Ses mille minarets ottomans découpent son ciel majestueux et offre au visiteur un tableau de couleurs sans pareil. Celle qui inspira les morceaux de Dimitri Cantemir et les écrits de Pierre Loti est une source d’illumination pour tout artiste. Sur l’avenue Istiklal sur la rive droite, pas loin de la Place Taqsim, sur les « Champs Elysées » d’Istanbul comme on les surnomme, les « ding-ding » du santur de Mete ne manquent pas d’attirer l’attention des badauds. Assis en tailleurs par terre, tels des bohémiens de Montmarte, devant le vieux tramway rouge arrivant d’un peu plus bas, du quariter moderne de Galata, les trois artistes procurent aux passants un petit moment de plaisir et de joie. La foule  égayée est charmée par la délicieuse voix de Michal et ses chants en hébreu, épatée par l’extrême précision et délicatesse des mains de Mete et surprise par l’allure zen de Julien grattant les cordes de sa guitare aux airs hispaniques.

Et comme cette foule, nous avons été nous aussi charmés, épatés et agréablement surpris par Light in Babylon. A bientôt pour une nouvelle découverte et un nouveau coup de coeur musical!

Retrouvez toute l’actualité de Light in Babylon sur leur site officiel: http://www.lightinbabylon.com/