Les semaines du film européen #2: Barbara

CAP: L’allemagne

Ce n’est pas un thème, l’amour. C’est l’instigateur, par la variété de ses formes, de toutes les actions humaines. De facto, l’amour est partout. C’est comme quelqu’un qui dirait que le Maroc n’aura pas la CAN, c’est trivial.

Fustigez-moi donc, traitez moi de tous les noms,  mais j’ai trouvé Barbara un navet. Je ne comprends peut être rien au cinéma et à l’art en général , mais ce film m’a ennuyé, à mort. Etait-ce voulu ? Cette morne platitude puise-t-elle ses sources dans le souci de peindre l’amour, quand il est aussi fort que silencieux ? Dépourvu ou presque de la fougue, de la passion d’une flamme concupiscente, il laisserait quartier à une affection constante, plus grande, en sourdine. Nul ne peut savoir.  Je sais que dans le psyché commun, c’est étranger et c’est dans un festival, donc c’est nécessairement bon, et on n’en doit faire que des éloges. Mais , non que ce soit possible, mais le Théâtre Med V ne me paie pas pour lui faire de la pub.

Après tout, c’est un film allemand, traitant d’une époque ancienne.  Comme le veut le cliché, ca vous fait l’effet d’une ancienne machine allemande, ca fonctionne, mais c’est froid et ca grince, ca a besoin d’huile pour moins de friction et plus de piment.

Nina Hoss, Barbara,  est médecin à Berlin de l’est, du temps ou il y’avait deux allemagnes, et est refoulée à un petit village anodin parce que soupconnée de quelque trahison; elle y rencontre André, le médecin-chef philanthrope aux allures de christ sauveur, tant dans sa chevelure abondante que dans ses agissements, dans l’atmosphère persécutionniste environnante, qui ne laisse pas un moment de répit à Barbara. Vous connaissez la suite, mais pas tout à fait. Et ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il y’a plus prioritaire : Il y’a des malades à soigner, des innocents que le régime a mis en détresse. L’amour  d’un individu peut attendre, pas l’amour de son prochain. Le premier est banalisé,  jusqu’à l’ironie et la moquerie. Barbara, la Barbara de marbre, à la froide apparence et aux froides manières sociales, témoignera de la plus grande chaleur de coeur qui ait jamais été: le sacrifice. Je n’en dis pas plus, sinon ce serait vous spoiler le film.

 

Je reste néanmoins sur ma position : Ce film se résume en sa fin,  et il en coûte d’arriver jusque là. Toutefois, il se doit dire que si vous y arrivez, elle vous arrachera un sourire.
Ce sourire peut être, avec tout ce qu’il implique et ce dont il provient, vaut peut être le déplacement, et qui sait, peut être que vous y trouverez une autre forme de beauté qui me serait étrangère.

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