Le crowdfunding au secours du cinéma indépendant

  • Cinéma 
  • samedi 8 juin 2013 à 23:00 GMT

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Ces dernières années ont vu naitre une multitude de plateformes de financement participatif destinées à soutenir des artistes dans le financement de leur premier album. C’est ainsi que My Major Compagny a révélé Irma dont le titre I Know a séduit tout le monde. Le site KissKissBangBang a quant à lui permis la réalisation de centaines de projets créatifs.

Cette méthode de financement, appelée aussi crowdfunding (littéralement, financement par la foule) s’étend aujourd’hui au domaine cinématographique. Des réalisateurs en manque de ressources pour mener à bien leur projet de film font appel à des plateformes de crowdfunding pour lever les fonds manquants. Le site américain Kickstarter reste leader dans ce domaine. En 2013 il a permis au réalisateur Rob Thomas de lever 5 millions de dollars pour adapter la série à succès Veronica Mars sur grand écran. Le site a également permis à Zack Braff de lever à ce jour plus de 2 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son deuxième film, Wish I was Here.

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Les généreux donateurs reçoivent, si le projet aboutit, des récompenses symboliques. Ils peuvent voir leur nom apparaitre dans le générique, recevoir des produits dérivés ou encore assister à l’avant première du film. En revanche, si le projet n’aboutit pas, le site s’engage à remettre à chaque donateur la somme qu’il a versée.

La réussite de la levée de fonds repose en grande partie sur une utilisation astucieuse des réseaux sociaux et du bouche à oreille. Les porteurs du projet doivent créer le buzz autour de leur cause afin de toucher un maximum de personnes.

Cette nouvelle tendance touche le cinéma marocain de façon embryonnaire. Seuls quelques jeunes réalisateurs ont tenté l’aventure du financement collaboratif avec des résultats plus ou moins probants. Ainsi, le collectif de cinéastes marocains Guerilla Cinema a profité de la plateforme Kickstarter pour lever près de 7000 dollars. Cette somme a permis le financement de plusieurs de leurs projets, notamment L’Mask, un court métrage traitant de la détention politique. Le réalisateur Nadir Bouhmouch, également membre de Guerrila Cinema, a financé son documentaire 475, sur la mort d’Amina Filali, via Kickstarter où 170 donateurs ont répondu à son appel. Hind Bensari, la réalisatrice du documentaire 475 : Trêve de Silence sur la problématique du viol au Maroc, s’est lancée dans son projet sans avoir de financement. A travers le site indiegogo.com elle a lancé un appel à contribution de 4802 dollars, somme qu’elle réussit finalement à lever en à peine 20 jours.

Au vu de l’inexistence de plateformes nationales dédiées au crowdfunding, ces réalisateurs se sont tournés vers des sites mondialement connus pour lancer leur appel. Tant qu’il n’y aura pas de sites marocains spécialisés dans le financement participatif et tant que le cadre légal qui régit la levée de fond au Maroc ne s’y prêtera pas, ces jeunes réalisateurs demeureront des cas isolés.

Le crowdfunding apparait donc comme une bonne alternative au financement traditionel, en particulier dans un pays comme le Maroc, où le manque de moyens financiers reste l’une des principales entraves au développement de projets cinématographiques.