Le conflit Israélo-palestinien exposé dans « My Land », un succès signé Nabil Ayouch

Comme le cinéma offre l’opportunité de découvrir des univers qui nous sont inconnus, Nabil Ayouch revient sur l’écran pour nous délivrer un vrai succès : « My Land »,  le premier documentaire marocain traitant le conflit israélo-palestinien. Nabil Ayouch fait sortir un grand miroir pour ouvrir les consciences de tous ceux qui tiennent un discours figé et radical sur le conflit. Tourné au Liban,  My land immortalise les témoignages de vieux réfugiés palestiniens  qui se sont retrouvés contraints à quitter leur terre pour s’installer au Liban depuis plus de 60 ans.  Nabil Ayouch dépasse  le cadre réducteur d’un film politique pour attribuer à son récit un souffle épique, tout en suivant une démarche exceptionnelle qui consiste à donner la parole au clan Israélien aussi, sans toutefois le juger.  Le père d’Ali Zaoua & Whatever Lola wants  reste objectif dans ses propos,  peu importe qui souffre, la souffrance est bien là . Des personnes blessées, amputées et traumatisées à vie,  comme si la terre était vouée à la violence pour l’éternité. C’est avant tout, un documentaire qui cherche à lever le rideau sur les coulisses d’une situation absurde; celle que vivent au quotidien nos oubliés et apatrides hantés par le retour à la terre de leur ancêtres.

 

Tout au long du film , le réalisateur semblait impliqué dans l’histoire et avait l’air de chercher sa propre identité  , puisqu’il est fruit d’un mariage mixte (d’un père musulman marocain et d’une mère juive tunisienne), lui qui se sentait tiraillé entre deux cultures, deux religions et deux appartenances. Et comme il ne pouvait balayer « sa différence » d’un simple revers de la main, Nabil Ayouch souffrait du regard qu’on portait sur lui comme étant le fils de la juive. Mais ce «  Ould Lihoudya » a su se démarquer et a relevé le défi. Il a pu mettre fin au conflit interne dont il souffrait, un conflit qui ne différait pas trop du conflit israélo-palestinien.
Le succès de ce film réside tout d’abord dans son réalisme puis dans la subtilité du traitement des faits de l’histoire qui n’a pour but que de sonder les tréfonds de ce conflit et  déceler les marques qu’il laisse sur la terre et les personnes , et ceci en secouant la mémoire des israéliens par les témoignages poignants et choquants de ces esprits palestiniens lugubres et nostalgiques de leur terre dépouillée dont il ne reste que souvenirs et larmes .

 

La voix de ce film continue à résonner partout dans le monde. Après avoir été primé au festival national de Tanger , My land fut sélectionné la semaine dernière au « Boston Palestine Film festival »,  festival qui s’intéresse aux films dont  le thème est lié à la cause palestinienne et qui tiendra sa 5ème édition octobre prochain à Boston. Ce film rêveur ne vous laissera pas indifférent et vous hantera bien longtemps ..