Le comédien marocain Mohamed Bastaoui est mort

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  • mercredi 17 décembre 2014 à 09:36 GMT

Mohamed Bastaoui est mort cette nuit à l’hopital militaire de Rabat. Le théâtre et le cinéma marocain perdent l’un de leur plus grand artiste. Connu pour ses rôles au théâtre avec la troupe de « Masra7 Al Yaoum » et « Masra7 Shams », à la télévision dans de nombreux rôles populaires, et au cinéma ou son dernier film « L’orchestre des aveugles » sort en Mars 2015.  Lumière sur la carrière d’un passionné, qui nous a quitté trop tôt. 

Né en 1954 à Khouribga, Mohamed Bastaoui décide, à vingt ans et à l’instar des jeunes de son âge, de partir en Italie où il exerce plusieurs petits métiers. Cinq ans après, il rentre dans son pays et commence alors une carrière de comédien en jouant dans des pièces de théâtre pour enfants présentées à la télévision, puis dans la troupe de théâtre “Le théâtre d’aujourd’hui”, aux côtés de la grande artiste marocaine Touria Jabrane. Avec cette troupe, il effectue plusieurs tournées au Maroc et à l’étranger, en interprétant des pièces de théâtre reconnues comme des chefs-d’oeuvre du patrimoine national.

Après “Le théâtre d’aujourd’hui”, Mohamed Bastaoui fonde la troupe “Le théâtre du Soleil”, en compagnie de nombreux autres artistes, parmi lesquels le comédien Mohammed Khouyi avec qui il interprète de nombreuses oeuvres au théâtre, au cinéma et à la télévision. La présence remarquable de Mohamed Bastaoui sur scène, reconnue tant par les critiques que par le grand public, attire également l’attention des réalisateurs de cinéma. Le comédien commence alors une carrière dans le 7e art, en particulier avec Mohammed Abbazi dans le film Les Trésors de l’Atlas (1997).

Puis il donne la réplique à Hassan Essakalli dans Adieu Forain (1998) de Daoud Aoulad Syad, film qui remporte le Prix de la Meilleure Première Oeuvre au Festival du film arabe de Paris. La prestation de Mohamed Bastaoui lui vaut également, dans ce même festival, une nomination pour le Prix de la Meilleure Interprétation masculine, confirmant ainsi qu’il joue désormais dans la cour des grands (le Prix est revenu au grand comédien égyptien Ahmed Zaki).

La carrière cinématographique de Mohamed Bastaoui commence au moment même où la production cinématographique marocaine enregistre une progression constante, et ce, notamment, au début des années 2000. Le comédien est en effet sollicité par les grands cinéastes marocains tels que Saad Chraïbi dans Soif (2000) et Jawhara (2003), Kamal Kamal dans Tayf nizar (2001), Mohammed Ismaïl dans Et après (2002), avant d’accompagner Faouzi Bensaïdi dans Mille Mois (2003) – présenté au Festival de Cannes dans la section “Un certain regard” – et WWW : What a Wonderful World (2006). Il travaille également sous la direction de Daoud Aoulad Syad dans Tarfaya (2004) et En attendant Pasolini (2007), Mohammed El Asli dans À Casablanca les anges ne volent pas (2006) et dans Les Mains rudes (2010), puis avec Farida Bourquia dans Deux Femmes sur la route (2007) et Jillali Ferhati dans Dès l’aube (2009). Récemment il était à l’affiche avec Sotto Voce de Kamal Kamal, et dans l’orchestre des aveugles qui sort en mars 2015.  En 2012, le festival international du film de Marrakech lui rend un vibrant hommage.

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