La photo marocaine qui affole l’Etat islamique

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« Le regard qui effraie l’EI », la photographie d’un journaliste marocain

Moyennement médiatisée, cette image passée inaperçue dans la presse marocaine ne quitte plus jamais l’esprit une fois regardée. Avec sa tignasse blonde et ses yeux bleus pénétrants, le regard de cette jeune fille yézidie de 6 ans en dit long sur l’exode de ce peuple las, victime d’un affreux génocide. La photographie publiée en novembre 2014 par le photojournaliste marocain de l’agence Reuters Youssef Boudlal fait partie d’une série de clichés pris en août dans le village de Fishkabur à la frontière irako-syrienne alors que la minorité irakienne fuit l’Etat Islamique. Attendant l’aide des kurdes peshmargas, la fillette assise auprès de sa mère sous le soleil brûlant éblouit le photographe qui se dit « fasciné par sa beauté sauvage dans cette situation dramatique ».

Youssef Boudlal de l'agence Reuters

Youssef Boudlal de l’agence Reuters

Quand une œuvre d’art devient une arme politique

Les yézidis sont un peuple séculaire dont la croyance s’inspire des anciennes divinités persanes, de Zoroastre ou d’Ahura Mazda, ils sont ainsi considérés par les fanatiques de l’EI comme des « adorateurs du diable ». Pour les décimer, l’EI s’attaque à tout individu ayant des yeux bleus ou des cheveux blonds, leurs partisans violent les femmes yézidies afin d’éradiquer ces gènes « qui les effraient » et éradiquer par la même occasion toute cette minorité qui a jusque là vécu en paix. Des exactions et des atrocités dénoncées par Amnesty International à l’heure où la coalition se caractérise par un mutisme et tente de faire oublier l’échec de ses tentatives visant à arrêter la progression de ce virus ou comme l’aime à l’appeler Dominique de Villepin « l’enfant monstrueux de la politique occidentale » au Moyen Orient.

La question que je me pose c’est qu’adviendra-t-il de cette petite fille au regard innocent et plein de rage?
C’est l’histoire d’une photographie, une photographie qui raconte une longue histoire. Ne restons pas de marbre!

Mise  à jour : Cette photo remporte le prix de la meilleure photographie pour l’année 2014 attribué par l’agence Reuters à New York. Bravo Youssef Boudlal!