Jessie Ware: God Save the Queen of Soul-Pop

« Lianne la havas, Cassie, Adele » scandent-ils… à peine le premier couplet passé que les références pleuvent. L’ondoyante Jessie Ware y témoigne d’une  indiscutable maîtrise de l’instrument vocal et d’une grande dextérité à manier le verbe shakespearien. Retour sur l’ascension fulgurante de cette jeune londonienne aux arômes Bronxiens à l’occasion de la sortie de son Single « Imagine It Was Us ».

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Ware grandit entre les murs de la banlieue londonienne de Clapham, au sein d’une famille juive relativement conservatrice. Fille de John Ware, mémorable reporter de la BBC panorama, elle eut cette chance de fouler les terres artistiques depuis ses plus jeunes saisons. Elle a pu y côtoyer certaines des plus illustres personnalités de la scène publique telles qu’ El James, génitrice de « Fifty Shades of Grey » et Adele, avec laquelle elle s’est lié d’amitié et dont le talent prématuré a sans doute déteigné sur le modus operandi vocal de Jessie. Pour ne rien arranger, notre Diva a également partagé les bancs de ses écoles avec Florence Welch de « Florence and the Machine » et Felix White des « The Maccabees », donnant tout son sens à ce vieil adage soutenant la rencontre des grands esprits.

S’en suivra un incessant ballet de collaborations toutes aussi prestigieuses les unes que les autres : des featurings avec The Roots et The xx à la substantielle collaboration avec SBTRKT  ( pour lesquelles elle a assuré le vocale de trois chansons ) en passant par ses idylles « remixologiques » avec le parfait anonyme qu’est Disclosure, notre prima donna y va d’un pied léger sur sa carrière qui est partie en trombe en l’espace de tout juste trois ans.

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Dans un âge où la Pop-Soul est en train de se muer en véritable course aux armements phoniques, où la chansonnière se doit de claironner de plus en plus fort au mépris de toute finesse, Jessie Ware réussit là où beaucoup se sont fracassés la dentition : le distinguo de sa voix miel-confiture nous suscite ce petit « quelque chose » des années 60-80 qui s’est étiolé avec le temps, cette afro-touch bien distincte que seuls de rares artistes underground arrivent à insuffler avec tout juste ce qu’il faut d’Electronica et d’arrière-gout Hip-Hop pour ajouter du piment contemporain à l’Hors d’œuvre . Le teint mélancolique de ses compositions sied à merveille au voile sombre dépeint par ses lyrics, comme l’illustre si bien « Wildest Moments », une de ses ballades les plus accessibles.

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Loin de la simple boite de chocolat nickelée, Jessie Ware est ce petit présent de fin d’année offert par un de ces vieux amis que la vie nous fait perdre de vue,  à l’emballage opaque et à l’allure ésotérique, recelant de véritables trésors d’ingéniosité et d’élégance. Encore faut-il prendre la peine de l’ouvrir.