J. Edgar … Un biopic Eastwoodien qui a de l’allure

Après son décevant Au-delà sorti en 2011, Clint Eastwood revient avec J. Edgar une œuvre dressant le portrait de John Edgar Hoover, qui fut directeur du FBI durant 48 ans et sous huit présidents. Le film met en lumière le personnage public qu’était Hoover, mais pas seulement, il nous révèle également sa vie privée et lève le voile sur quelques zones énigmatiques de sa personne.

Dès les premières images on s’aperçoit qu’Eastwood nous livre ici une véritable leçon de mise en scène, avec un récit entrainant qui nous présente à la fois Hoover, l’homme fort du FBI, et le jeune John Edgard qui fait ses premiers pas dans le département de la justice. Les minutes passent et l’image de ce personnage s’éclaircit peu à peu… Un homme animé par une ambition obsessionnelle de faire régner la justice en Amérique, pour qui la fin justifiait les moyens; Eastwood propose là une réflexion sur le pouvoir. Celui qui a fait du FBI ce qu’il est aujourd’hui, celui qui pensait détenir science infuse, était en réalité un personnage sombre et énigmatique qui ne manquait pas de déroger aux principes portés par ses discours. Hoover était un homme d’apparence, rempli d’ambigüité et  n’assumant pas son homosexualité.

J. Edgar est la rencontre de deux monuments du cinéma qui n’ont jamais collaboré auparavant : Clint Eastwood et Leonardo Dicaprio. Celui-ci se glisse parfaitement dans la peau du personnage de J.E. Hoover. Il se montre convaincant aussi bien en interprétant le jeune et Hoover que celui qui arrive à la fin de sa vie. Il nous livre une remarquable prestation qui le place en position favorable pour l’oscar du meilleur acteur de cette année, titre qu’il attend depuis déjà trop longtemps.

Ce que l’on peut en revanche reprocher à ce film, ce sont les occasionnelles lenteurs qui jonchent la trame. Les effets spéciaux sont parfois faiblards voire peu convaincant, notamment ceux destinés à faire vieillir les acteurs, par exemple pour le personnage de Clyde Tolson, le bras droit et  prétendu amant de Hoover.

En somme, toute la force de ce film repose sur la complexité du personnage qu’il décrit. Je le recommande donc à quiconque voulant découvrir une  des figures emblématiques du siècle passé. 

Ma note: 4/5

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