Amina Lahbabi, 19 ans et un premier roman

Artisthick a décidé de vous faire découvrir cette fois-ci, une toute nouvelle écrivaine qui fait son entrée dans le milieu de la littérature, avec son livre : «Les couleurs de la vie ». A tout juste 19 ans, Amina Lahbabi s’était engagée il y a de là quelques années, à s’occuper elle-même du bébé qu’est son œuvre. Par le biais d’une interview, nous vous ferons découvrir cette jeune auteure, son petit parcours, ses difficultés, ainsi que sa réaction face au grand maux dont souffre l’édition au Maroc : Le manque flagrant d’encouragement pour les jeunes.

Omaima Mrabat : Ce que l’on sait de vous, c’est essentiellement que vous êtes une nouvelle jeune écrivaine marocaine. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Amina Lahbabi : Effectivement, je suis entrain de faire mes premiers pas dans le domaine de l’écriture avec la publication de mon premier livre intitulé ‘’Les couleurs de la vie’’. Je suis comme un enfant qui apprend à marcher, et qui fera tout pour ne pas tomber. J’écris pour faire passer des messages, pour faire entendre ma voix. Et comme les lecteurs me découvrent à travers mes écrits, je me surprends des fois en train de découvrir de nouvelles choses sur moi-même.

O.M : A quel âge avez-vous commencé à écrire ? Quelles étaient vos ambitions à ce moment-là ?

A.L : J’ai commencé à écrire à l’âge de quinze ans.  La raison ? Le stylo me portait compagnie et j’exprimais mieux ce que j’avais sur le cœur par écrit qu’oralement. J’écrivais pour voir mes idées se concrétiser sur papier, pour me vider et pour mieux analyser diverses situations. J’avais bien évidemment des amis à qui me confier et avec qui je me mettais à nue, mais j’ai toujours éprouvé ce besoin de comprendre et d’analyser les choses par moi-même afin de les transmettre dans une image claire aux autres.

O.M : Votre livre vient de paraître il n’y a pas très longtemps, pouvons nous avoir une idée de son contenu ?

A.L : Mon livre est un recueil de réflexions philosophiques sur la vie. J’aborde plusieurs thèmes en relation avec  notre existence tel que l’estime de soi, l’amour, la nécessité d’avoir des objectifs dans la vie… Au fur et à mesure que je développe mes idées, j’en tire des morales et sors avec des recommandations qui pourraient nous être utiles. Ma devise est le fait de voir le verre à moitié rempli, en d’autres mots, positiver dans la vie, avoir une vision optimiste, et aller de l’avant en gardant la tête bien levée.

O.M : A quel genre littéraire pensez-vous appartenir et pourquoi ?

A.L : Pour ce qui est du genre littéraire, je pense appartenir à celui du réalisme doté d’une dose d’optimisme. Je m’explique : Les thèmes abordés dans mon livre font partie de la vie et de notre quotidien vécu. Donc ma source d’inspiration est la destinée que mène chacun de nous. Bien que la réalité ne soit pas toujours plaisante. J’essaie dans mes écrits de la présenter sous une forme plus joyeuse, donc plus acceptable.

O.M : Pouvez-vous nous relater les étapes de la publication de votre livre ? Les difficultés ? Les aides ?

A.L : Pour se faire publier au Maroc, le talent seul est nécessaire, mais loin d’être suffisant. Je suis allée voir des éditeurs que je m’abstiendrai de citer, et j’ai presque entendu les mêmes versions : ‘’Bien que ton livre soit bon et que les idées soient bien développées, il serait difficile de te trouver un éditeur qui prendra le risque de te publier et ce pour trois raisons : ton jeune âge, la nature philosophique de tes écrits, et le marché du livre qui n’est pas dans le meilleur de ses états au Maroc.’’ J’ai été profondément déçue et découragée, mais je n’ai pas choisi le chemin le plus facile et tout laissé tomber. J’ai foi en ce que j’ai écris, et la foi soulève bien des montagnes. Je me suis battue pour faire entendre ma voix, pour ressentir cette sensation unique d’avoir son livre entre ses mains. Je l’ai fait pour tous ceux qui ont été là pour moi et qui ont cru en moi quand personne ne l’a fait, quand ils m’ont répété que je peux y arriver quand la vie m’a tourné le dos, et qui ont suivi mes pas du tout premier au jour de la concrétisation du projet. J’ai publié mon livre à compte d’auteur, autrement dit, je me suis chargée de l’imprimer, le publier, le distribuer… Bref, du début jusqu’à m’assurer qu’il soit entre les mains de mes chers lecteurs.

O.M : Quelles sont les personnes dont le soutien a été particulièrement mémorable dans votre parcours?

A. L : Tout d’abord, je tiens à remercier ma famille et mes amis qui m’ont toujours soutenue et qui ont cru en moi. Leur présence m’a permis de donner le meilleur de moi-même. Mr Chafi Jamal s’est chargé de la correction et de la relecture de tout le livre, il s’est montré très compréhensif et à l’écoute. Mr Hassan Benmansour m’a aidé à faire entendre ma voix via les ondes de la radio. Mes passages avec lui ainsi que toute l’équipe m’ont permis d’agrandir le cercle de mes lecteurs. Mme El Grissy Nicole, écrivaine et femme d’esprit, m’a apprise que la réussite ne vient pas en un claquement de doigts, il faut de la patience, de la motivation et surtout : un long souffle. Dans ce parcours que je viens de débuter, de nombreuses personnes m’ont apporté leur soutien, si ce n’est que par leur oreille analytique afin d’améliorer mes écrits. Je les remercie.

O.M : Estimez-vous qu’il soit un peu dur de vivre de ce métier au Maroc ?

A.L : Oui, j’estime qu’il est dur de vivre de ce  métier au  Maroc. Je ne dis pas c’est impossible mais ça reste complexe. En ce qui me concerne, je n’envisage pas de vivre des gains de mes livres. Je suis en train de faire des études pour me procurer un avenir sain financièrement parlant, j’écris pour le plaisir de le faire, et un sincère feedback des lecteurs vaut mieux que des billets d’argents.

O.M : Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

A.M : Jouer de la guitare est l’une de mes passions favorites. La musique m’emporte dans un autre monde où l’art est le maître du jeu. J’aime aussi lire des romans, surtout du genre philosophique.

O.M : Avez-vous d’autres projets littéraires en perspective ?

A.L : Ce qui est sûr, c’est que je suis loin de m’arrêter d’écrire, et qui dit écrire dit d’autres idées à développer, donc d’autres projets littéraires.

O.M : Mais sinon, si c’était un Livre, ça serait ?

A.L : ‘’Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré’’ de Paulo Coelho

O.M : Un film ?

A.L : « Le temps d’un Automne« .

O.M : Une chanson ?

A.L : « When you are near » [Carolina Liar]

O.M : Dernier mot pour les lecteurs d’Artisthick ?

A.L : J’espère être à la hauteur de vos espérances. Malheureusement, le livre n’est pas encore disponible dans tout le royaume. D’ici là, pour vous le procurer, il faudra me contacter.

Contact : aminalahbabi10@gmail.com ; Page Facebook

Prix : 50dhs.