Interview avec Haoussa, les iconoclastes inclassables

Crédit photo: Sabir El Mouakil

Haoussa, ou les sonorités qui vous  font voyager  au  Niger, au Tchad… ou tout simplement une mélodie bien de chez nous pour « slamer « et dénoncer nos contradictions qui tendent tantôt vers le chaos et tantôt vers la folie.

Après la sortie officielle de leur album, et s’étant éclipsés pour un moment, les guerriers  Haoussiens reviennent en force à la rencontre d’un public  passionné, après un concert à Mawazine, puis  un show plus intimiste programmé au B-Rock, lieu incontournable des artistes Casablancais.

Le public a été au rendez-vous, et Haoussa ont enflammé la scène, Khalid Moukdar comme à son habitude et à la limite de la transe, a chanté, »slamé« , et dansé avec toute la sincérité dont lui seul détient le secret.

Un show exceptionnel, où le groupe reste sur la même ligne de contestation et d’engagement avec des chants urbains, et  un langage cru et vrai. Le public qui connait par cœur les paroles et les chœurs, a fait le bonheur de musiciens emportés par les mélodies.

Le groupe a présenté ses nouveaux titres, des compositions  mêlant sonorités marocaines, reggae et folk en passant par le punk, le tout dans une harmonie qui emporte et des messages qui bousculent et interpellent (El Wadaa, Human insanity….).

Après deux heures de show, qu’on n’a pas senti passer, le groupe conclue sur  une note Gnaouie et comme a son habitude, Khalid n’oublie pas de présenter et de remercier tous les membres du groupe qui font finalement  « Haoussa », de remercier le public en balançant deux petites piqures de rappel car, fidèle à lui-même, il ne sait pas  se retenir, et balance ce qu’il pense car finalement il a le courage de dire haut ce que la plupart pensent tout bas, et là on n’oubliera pas d’applaudir son intervention  lors de l’événement  « Manbita Al Ahrar ».

crédit photo: Sabir El Mouakil

Khalid a également accepté avec beaucoup de gentillesse de répondre à nos questions :

–       Vous  êtes en pleine tournée promo du nouvel album, parlez nous un peu de ces retrouvailles  avec un public qui vous a attendu et suivi pendant très longtemps ?

Enfin! l’album est sorti, c’était un grand fardeau psychologique car cela fait 3 ans que l’enregistrement a été fait mais,  à cause de quelques problèmes d’ordres juridique et « humain » , l’album n’a pas pu voir le jour dans les délais espérés. Maintenant on respire mieux et on est très contents de la réaction du public surtout le notre c’est-à-dire celui qui nous encourage depuis 10 ans!

–       Dernièrement,  vous avez joué à Mawazine, que pensez-vous du festival et surtout de la scène réservée aux artistes marocains ?

Mawazine est un grand festival et cela dans tout les sens du terme. Pour ce qui est de la scène marocaine (Salé) personnellement je la trouve bien et pareille aux autres  mais ce qui m’a le plus marqué c’est le public Slaoui qui a montré une maturité hors pair même proverbiale. Ceci dit, il faudra faire attention à la fluidité des déplacements des artistes et de leurs managers et surtout penser à créer un espace où les artistes locaux peuvent rencontrer leurs homologues étrangers.

–       Incontestablement considéré comme le meilleur parolier marocain, vous êtes parmi les rares défenseurs de la « Darija » alors que d’autres artistes la considèrent comme obstacle pour une ouverture à l’international. Sachant que vous avez sillonné les scènes d’un peu partout dans le monde,  était-ce effectivement un obstacle ou les mélodies l’emportaient ?

La Darija n’a jamais été un obstacle pour moi, au contraire, elle est pleine de musicalité et de nuances mais demande de la recherche, de la sensibilité et de l’intelligence pour faire ressortir d’elle ce qu’elle a de plus BEAU. Et si je peux me permettre,  pourquoi par exemple des milliers de gens adorent Bob Marley alors qu’ils ne comprennent aucun mot de ce qu’il chante ? La langue ou le dialecte sont à la fois des moyens et des finalités  et  c’est à nous de déterminer la priorité.

 
–       Votre répertoire est très varié, d’où puisez-vous votre inspiration?  ou autrement, « lach katmezzek »? 

Question très vague ! Mais je vais quand même te citer les plus grandes influences: Jimi hendrix, Janis Joplin, Led zep, Deep Purple, Bob Marley, James Brown, Aretha franklin, Nick Cave, Leonard Cohen,3rd bass; Fu Schnikens, Public enemy, Prodigy, Eric b and rakim, Ratm, Sex Pistols, Iggy pop, Bouchaib lbidaoui, Sabah fakhri, Abdelhalim, Oum keltoum, Warda, Toulali, Lhamdaouia, Abidat Rma, Lemkhalif, Laaroussi, Rouicha, Jil Jilala, Nass Lghiwane, Issawa, Gnawa, Haddawa, Lhassani, AcDc, Icp, House of pain, wu tang, Fatna Bent Lhoucine, Vaya con Dios, Tracy Chapman, Pantera, Suicidal tendencies, Biohazard, Anthrax, Alice in chains, Stone Temple Pilots, Skatalites, Ray Charles, Bb king, John lee Hooker, Marla glenn, bobby mac ferry, Buena vista social club, La coka nostra, Cypress hill,Mc Hammer….

–       Un dernier mot pour votre public?

Faites attention à vos oreilles et à ce que vous écoutez !

Image de prévisualisation YouTube