Interview : Alae Khaldi, des mélodies et des rêves

62456_10201144299146127_1837787989_n

Vous connaissez sûrement Armin Van Buuren, le DJ et producteur superstar qui a régné sur les classements durant longtemps, qui continue à faire l’événement à chaque nouvel album, et qui nous gâte avec son radio show hebdomadaire A State Of Trance. Alors si vous avez écouté comme moi l’épisode 619, vous avez été bercés par un son qu’Armin a présenté pour la première fois, Hope, par Alae Khaldi, un jeune producteur Tangérois plein de talent.
C’est ainsi qu’on a découvert un artiste marocain autodidacte, qui se fraie un chemin vers la cour des grands. Nous sommes allés à sa rencontre :

 

Alae, tout d’abord bonjour et merci de répondre à nos quelques questions. Avant tout, pourrais-tu te présenter brièvement?

Salut ! Donc voilà, je m’appelle Alae Khaldi, j’ai 24 ans. Je suis lauréat de l’ISITT [Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger], et je suis actuellement en train de préparer mon mémoire de Master en Management Hôtelier et Touristique de l’université Mohamed V de Rabat. Effectivement, je suis producteur de musique électronique, plus spécifiquement la Trance en tous ses genres.

Comment décrirais-tu ta musique en 3 Mots ?

Mélodique, énergétique, profonde.

Comment as-tu découvert la musique ? Et comment as-tu commencé la production ?

J’ai toujours été attiré par la musique électronique, et j’ai d’ailleurs commencé à m’y initier dès que j’ai pu, vers mes 8 ans, en intégrant le conservatoire de musique où j’ai passé 4 ans. Certainement, c’était d’une utilité majeure vu que l’apprentissage du solfège et du violon m’ont facilité la tâche quand j’ai commencé la production.

Concernant la production, je l’ai commencée exactement en 2006, lorsqu’un ami à moi m’a passé un logiciel de musique en CD. Après quelques mois de pratique, j’ai commencé à l’adorer, vu que je pouvais créer mes propres sons, chose qui fut magique à mes yeux à l’époque.
Cela fut exceptionnel aussi puisque j’écoutais auparavant des sons virtuels et irréels dans les morceaux Techno, et je me demandais comme un fou comment on le faisait. Heureusement pour moi, j’ai pu le découvrir, cela a mis fin à tous mes questionnements, ce qui m’a encouragé à me pencher sur la création musicale.

Tu es actuellement étudiant, est-ce que tu penses faire carrière dans la musique ou bien cela restera toujours en second plan ?

A présent, je considère toujours la musique comme un Plan B. Je me concentre sur mes études en premier lieu. Je suis actuellement en stage, et je devrais très bientôt démarrer ma carrière professionnelle. Je produis durant les soirs et les weekends, et j’essaie de combiner études et musique. Cependant, je pourrais me consacrer complètement à la musique si je juge cela prometteur.

Ton talent est reconnu par les plus grands DJ/producteurs de la scène Trance, comment es-tu arrivé au succès que tu connais maintenant ? Y a-t-il un secret ?

Je n’ai jamais imaginé que je ferais un jour ce que j’ai fait jusqu’à présent. En commençant la production vers 2006, ce n’était qu’un passe-temps, rien de plus. Petit à petit, je me rendais compte que je passais de plus en plus de temps à créer de nouvelles compositions et mélodies. Mais ce n’est qu’à partir de 2012 où j’ai décidé de prendre les choses au sérieux. Et juste une année après, Boom !

En effet, afin de créer de la bonne musique, avec une qualité qui répond aux standards des grands labels, il faut passer des centaines d’heures, ou plus, à pratiquer et travailler sur tous les aspects techniques du son. J’ai passé de longues nuits blanches tout au long des 2 dernières années pour développer ma qualité de son, puisque c’est le premier critère de choix de la part des grands labels et maisons de disques.

Pour revenir à ta question concernant le secret du succès,  le travail dur, la détermination et la confiance en soi peuvent faire des merveilles. En outre, tout producteur doit créer son propre réseau professionnel, afin de se créer des contacts qui pourraient faciliter le processus de recherche de labels, et aussi  afin d’obtenir des feedback concernant sa musique de la part d’autres producteurs.

On remarque que tu te concentres surtout sur la production, et le DJing alors ?

Oui, je ne fais que produire pour l’instant. J’ai rarement eu l’occasion de jouer sur des platines CD, peut-être que c’est bien la cause pour laquelle je ne fais pas de DJing, mais c’est aussi parce que c’est la production, la création et l’innovation qui m’importent le plus à présent.

Peu de Marocains te connaissent, et c’est le cas de plusieurs producteurs à succès à l’étranger, Mehdi Dressy par exemple, alors que d’autres comme RedOne connaissent paradoxalement un succès fou. Comment expliquerais-tu cela ?

Je suis loin d’être le seul, puisqu’il y a de nombreux producteurs de musique électronique au Maroc. J’essaierai d’être bref et concis à ce sujet. C’est l’un des hics de la musique électronique chez nous. En effet, cette musique est loin d’être appropriée au public marocain. Cela est dû principalement au manque de culture musicale, ce qui freine d’une manière ou d’une autre l’évolution d’un genre musical donné.

Paradoxalement, il faut que tu aies un grand succès ailleurs pour que tu aies une certaine renommée au Maroc. Ainsi, tous mes morceaux et compositions sont signés avec des maisons de disques européennes. Il se peut que je sois plus connu ici si je travaille avec un chanteur marocain, ce qui par la suite me permettrait de toucher une plus grande audience. En attendant, je me concentre plus sur des singles appropriés aux labels européens.

Quels sont, selon toi, les plus grands achèvements que tu as réalisés ?

Je les citerai par ordre d’importance. Je dirais en premier lieu le fait que j’aie signé avec ‘Enhanced Music’, un label britannique d’une très grande renommée, et c’était d’ailleurs mon plus grand rêve, que j’ai enfin réalisé. En suite, il y a le soutien d’Armin Van Buuren (qui était #1 Mondial), qui a joué mon Morceau Hope durant son émission radio ‘A State Of Trance’. Un autre titre à moi a aussi été cité dans l’un des meilleurs magazines dédiés à la musique électronique ‘DJ MAG’, sans oublier beaucoup de soutien pour plusieurs autres morceaux.
En outre, durant les 8 derniers mois, j’ai reçu plusieurs messages de fans, des appréciations de la part des grands producteurs et plusieurs autres encouragements qui m’ont beaucoup incité à travailler plus et à améliorer mes sons de plus en plus.

Pourrais-tu nous citer avec quels équipement et logiciels travailles-tu?

J’ai un MacBook Pro i5 2,4 GHz , une Carte Son Focusrite 2i4, un Casque Audio Technica ATH-M50 que je considère l‘élément le plus important, et un Clavier Midi M-Audio Keystation 61 que j’utilise rarement. Pour les Softwares, j’utilise FL Studio comme arrangeur, Sylenth1, NI Massive, ReFx Nexus, Kontakt 5, Battery 4, Fab-Filter Bundle pour l’EQ / Compression, Artsacoustic Reverb, Classic Delay, Ohmicide, etc.

Des projets à venir ? Que nous prépares-tu pour 2014 ?

2014 sera sans doute une grande année pour moi en tant qu’artiste puisqu’elle s’annonce déjà bien. Je viens de signer mon premier morceau avec ‘Enhanced Music’, ce qui représente mon plus grand accomplissement jusqu’à présent. Ensuite, il y a une série de collaborations avec de grands producteurs étrangers. Mais mon objectif principal pour cette année est de signer plus de morceaux avec ‘Enhanced’, avoir plus de reconnaissance de la part des grands DJs internationaux et enfin, développer de plus en plus ma qualité de son.

Est-ce que tu projettes de faire des live ? Au Maroc ?

Vu que je ne fais pas encore de DJing, je ne pense vraiment pas faire un live prochainement.
Par contre, j’aimerais bien animer un atelier de production afin de permettre aux jeunes producteurs d’acquérir les techniques indispensables. Cela pourrait prendre la forme d’un séminaire, où je pourrais faire du ‘Live production’.

Petit cadeau pour la fin, je vous laisse avec l’un des meilleurs morceaux de Alae Khaldi, nommé en l’honneur de sa ville natale. Il ne pouvait pas lui offrir plus beau, écoutez vous-mêmes :

Image de prévisualisation YouTube