Innocents – The Dreamers, quand le sexuel se lie au révolutionnaire.

INNOCENTS – The Dreamers. Une merveille artistique concoctée par ce réalisateur italien à la carrière prépondérante et incontestable et adepte de la nouvelle vague qui jadis, avait fait trémousser la France. Il nous vient ici, pour nous parler de musique, de septième art, de sensualité et de sexe. Et ce, en laissant planer tout au long du film, l’atmosphère inquiétante et révolutionnaire d’un mai 68. Un bel hommage à la jeunesse de cette époque.

L’histoire telle qu’elle nous est présentée, par Bernardo Bertolucci est celle de Théo (Louis Garrel) et de sa sœur Isabelle (Eva Green) aux mœurs sexuelles des plus libérées. Et ce sont, ces mêmes frère et sœur, après le départ de leur père poète et de leur mère protectrice, le temps de quelques vacances, qui osent accueillir en leur somptueuse demeure au centre de Paris, un tout jeune étudiant des states pour le moins maladroit en français. Du nom de Matthews, incarné ici par Michael Pitt. Ce jeune américain, ne restera pas au bout de ses surprises, lorsque dès le début de son séjour, il remarquera par un des plus grands hasards de sa curiosité l’aisance avec laquelle ses deux jeunes hôtes osent se dévêtir en compagnie de l’autre, voire jusqu’à coucher ensemble dans le même et unique lit. Une invitation des plus courtoises, adressée à Matthews pour les rejoindre et participer à la découverte de ces étranges sensations, ici jouées comme étant un simple jeu et qui sont l’orgasme, l’envie ainsi que cet esprit sexuel, enfoui en chacun d’entre nous. Cet animal qui sommeille en nous et qu’une fois éveillé, ne pourra avoir d’yeux, pour une quelconque frontière, barrière ou limite.

Le film est aussi à conseiller, pour le fabuleux rôle que la belle Eva Green a su émerveiller et resplendir. Un jeu qui ne saura point laisser indifférent notre âme et notre sensibilité. Un jeu, dont on tombe amoureux dès la première rencontre. Amoureux de ces formes, de ce caractère je-m’en-foutiste,  ainsi que de la petite fille omniprésente dans les yeux de la belle Isabelle.
Pour ce qui concernera, la bande sonore. Et c’est là toute la beauté de cet hommage du réalisateur italien. Cela sera au menu,  des classiques de la chanson française. De la bonne et vieille musique française accompagnée quelques fois par du Rock américain. Des tubes représentatifs de cette époque et décennie, déchirée et marquée au fer rouge par une jeunesse ouverte plus que jamais et révoltée. Une jeunesse réprimée et à laquelle, la culture et l’art ne seront que les outils les plus adéquats pour faire résonner leur petite voix. Une voix qui ébranlera l’Europe et l’histoire puis parsèmera la jeunesse américaine d’une insatiable soif de paix, d’amour et de révolte ! Et c’est dans INNOCENTS, que l’on remarquera la quiétude de cette même jeunesse au beau milieu des cris et des manifestations. Leur innocence.

Le thème révolutionnaire est là. Il persiste tout au long du film, pour qu’au final, il prenne la peine de faire vrombir en nous, un tant soit peu de clameur, et de fibre contestataire. La révolution est là, et nos regards se fixeront tout au long du film, sur les corps nus des acteurs, sur leur tendresse, leur mépris de l’amour et de la maturité, ainsi que pour leur élan révolutionnaire dont on sentira les prémices au début puis à son éclatante libération à la fin.

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Un film à regarder, à savourer onctueusement et qui nous fera rappeler, la tendance de cet artiste italien, à parler aisément et somptueusement de cette génération matérialiste et enfermée dans le luxe de leurs parents mais qui trouve encore le temps et le courage de se révolter.