Il faut sauver Le Desk

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  • dimanche 16 octobre 2016 à 20:56 GMT

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Petits, on nous disait que le journalisme, c’était le métier des problèmes. Grands, nous apprîmes que c’était aussi celui des martyrs et des sans-sous. Les journaux, garde-fous des nations, ont toujours galéré pour se maintenir en vie, parfois littéralement quand leurs plumes dérangeaient et que la matraque leur soufflait dans la nuque, le plus souvent figurativement, au sens financier. Matois, les régimes ont compris que mieux que de tendre la carotte et montrer le bâton, cela faisait bien moins de grabuge que de tout simplement accaparer toutes les carottes. Coupés de vivres, les affamés se tournèrent vers les nouveaux maîtres de la cité, les marchands. Ils durent prostituer leurs mots pour survivre. La publicité trouva son chemin vers les pages des journaux, et plusieurs plumes jadis impartiales s’ajoutèrent aux carquois des puissants. Car, enfin, il s’agit de subsister, de payer des salaires, des loyers, des frais de scolarité…Et quand vos concitoyens lisent 2 minutes par an…

Le desk, média marocain qui se veut indépendant, souverain de ses écrits, vit le jour en 2015. Il inscrivit liberté, qualité et professionnalisme d’emblée comme leitmotivs de sa charte éditoriale. D’emblée, il répudia aussi le buzz, business model de référence des journaux 2.0, qui jette ab ovo la pertinence de l’information par la fenêtre en faveur de la rentabilité de l’information, n’en déplaise au lectorat. On n’est servi que ce dont on est friands, ce qu’on veut, dira-t’on. On paie le fast-food de ses sous, on paie la fast-info de ses clics. Principalement financé par des lecteurs qui n’assimilent pas encore l’idée d’une information payante online, seul gage de qualité et d’indépendance, Le Desk est entrain de couler, n’ayant pas engrangé assez d’abonnements pour se maintenir à flot. Le rêve n’est pas encore mort, mais il agonise.

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Afin de le sauver, une campagne #SoutenonsLeDesk a été lancée par ses fondateurs, sur Facebook et Twitter afin d’attirer assez d’abonnements pour rétablir la barque. Celle-ci eut et continue à avoir un grand écho parmi les internautes, toutes plateformes confondues, au Maroc et ailleurs, ce qui témoigne de la qualité du travail desservi par Le Desk, et que ce n’est pas une cause perdue d’avance. Plusieurs dizaines d’abonnements furent enregistrés, quelques mécènes répondirent à l’appel, mais pas encore assez pour en assurer la survie. Conscients que ce journal d’exception peut encore être sauvé, et que son absence, si elle venait à se confirmer, serait durement ressentie par le lectorat et tout le paysage journalistique marocain, nous avons voulu joindre notre voix aux leurs, pour contribuer à son sauvetage.

Pour la modique somme de 480 DH l’année, l’équivalent d’un, deux sandwichs fast-food dont vous vous passeriez bien pour dormir léger, vous pouvez apporter votre soutien à la cause et profiter au passage de 365 jours de bons et loyaux services journalistiques de qualité. Si vous êtes d’humeur généreuse, l’offre Soutien permet d’aider le Desk en versant un montant supérieur. Si le navire venait néanmoins à couler, votre argent vous serait rendu au prorata.