Ibn El Leil de Mashrou’Leila : La nuit leur appartient

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Pour leur quatrième album studio Ibn El Leil, sorti deux ans après le franc succès de Raasuuk, Mashrou’Leila visent haut, pour notre plus grand bonheur. Un album très pop, où l’influence occidentale est très prononcée, mais dont le but a été de toucher un public plus large, international, sans pour autant oublier voire renier leur origines et racines. Une franche réussite, où tous les instruments sont mis à l’honneur, joués à la perfection.

Avec une tracklist très diversifiée, passant très fluidement de la pop purement occidentale à la Scissors Sisters vers des percussions plus orientales, on retrouve les sujets auxquels le groupe nous a habitués, des sujets traitant les problèmes de la jeunesse arabe d’aujourd’hui, problèmes sociaux mais aussi politiques.

Tracklist:

1 – Aoede

2 – 3 Miinutes

3 – Djin

4 – Icarus

5 – Maghawir

6 – Kalam

7 – Tayf

8 – Falyakon

9 – Bint El Khandaq

10 – Asnam

11 – Sadalsuud

12 – Ashabi

13 – Marrikh

Aoede et 3 minutes l’affirment l’on devrait s’attendre à un album bien haut en couleurs! Mais c’est en écoutant Djin qu’on commence sincèrement à s’attacher à l’album; le morceau a tout d’un tube international, un son à l’Arctic Monkeys, relatant les tribulations d’une jeunesse qui ne veut qu’oublier ses peines, par tous les moyens, aussi malsains soient-ils. « رح غــرق حزني حانسى اســـمي حـــأعطي نفسـي لـيــل », dont la traduction littérale serait « je noierai ma peine, j’oublierai mon nom, je m’abandonnerai à la nuit », résume parfaitement l’état d’esprit et l’ambiance que le morceau cherche à installer. Un tube réussi, une ode de cette jeunesse actuelle perdue et contrite.

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Le groupe enchaîne avec Icarus, où on peut retrouver les premières manifestations du violon, une fusion pop orientale sensationnelle, qui va à merveille avec la voix fluette de Hamed Sinno et transporte un auditeur bien enchanté. Encore une fois, la souffrance de cette jeune génération reste au coeur des thèmes abordés par le groupe, avec un « العين بتشتهي بس مابتطول الايد » déchirant, appuyant que l’absence de moyens coupe court aux ambitions et leur interdit une quelconque manifestation.

On retrouve par la suite Tayf, où la voix de Sinno s’élève telle une lamentation bouleversante et très touchante, plaidant en la faveur de la cause homosexuelle, et Falyakon qui rompt un peu cette ambiance maussade que les paroles précédentes ont installé.

Marrikh vient idéalement clore un album très réussi: certes, il faut attendre quelques secondes avant de pouvoir comprendre vers quoi Mashrou’Leila oriente son chant, mais le rendu est tellement captivant et chargé d’émotions qu’on en est transportés. La voix de Sinno qui s’élève vers des aigus inhabituels donne certainement la chair de poule!

Un album à consommer sans modération.

Nos coups de coeur : Icarus et Djin

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