Hiatus Kaiyote ou les Chamans acoustiques.

Le mot est lancé : « Future soul ». C’est ainsi que ce quadruplé Melbournien se plait à décrire sa musique. Un mélange éclectique des genres trouvant cocon entre les petits arpèges électroniques de SBTRKT et les mélodies fraîchement exotiques d’Erikah Badu. C’est d’ailleurs cette dernière qui les a propulsés sous les feux des projecteurs grâce à un simple tweet,  les hissant au rang de véritable révélation indie de l’année 2012.

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Hiatus Kaiyote sont, sans nul doute, les derniers petits prodiges de la soul passant, en l’espace de quelques mois, des petits bars de Melbourne aux grandes scènes indépendantes américaines.

Leurs diverses influences, totalement revendiquées et parfaitement exploitées, engendrent un son passe-partout susceptible de plaire à un large spectre musicalo-démographique allant du simple « radio listener » dominicale au rat de musicothéque. Constat que leur premier album, « Tawk Tomahawk« , tend à confirmer.

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La ligne est tracée dès les premières minutes de l’album avec leur titre phare, Nakamarra. la « Bassline » résolument funky du tout vous berce tout du long jusqu’à l’épiphanie qu’est la voix de Nai Palm, vocaliste du groupe, qui relève à elle seul du prosélytisme religieux tant celle-ci transcende les tympans pour aller titiller le siège même de la fibre musicale originelle… j’exagère à peine.

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Malika, autre fer de lance du groupe, s’éloigne résolument de son enthousiaste grande sœur en prenant un ton plus personnel et un tempo plus serein où on croirait presque discerner le son lointain du Digeridoo méridional.  Un interlude agréable qui permet de mieux apprécier les sublimes nuances que la choriste du groupe, Simone Page Jones,  arrive à infuser.

Le reste de l’album est un enchaînement d’assauts soniques mêlant rythmique complexe et moments quasi-A cappella pour un résultat apte à émoustiller le plus blasé des « Soulman ».

Ces véritables chamans acoustiques ont réussis donc le tour de force qu’est le  « zéro  piste de rembourrage »  avec des compositions singulières donnant toute sa dimension à leur musicalité exceptionnelle.

Hiatus Kaiyote signe là un authentique bijou. Une véritable virée en terre australe,  aux imposants sommets et aux fins abîmes, une terre tout aussi inconnue qu’elle est accueillante.

À consommer jusqu’à la quintessentielle moelle.