Critique: Les Chevaux de Dieu

  • Cinéma 
  • samedi 2 février 2013 à 19:24 GMT

 

Adaptation du livre Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine, Les Chevaux de Dieu choque, percute le spectateur. Nous avons eu droit à une immersion dans les bidonvilles de Casablanca. Pas de concession : Cet univers dérange avec sa violence, sa corruption, ses destins brisés ainsi que ses trivialités s’impose à nous, de l’autre coté de l’écran. Ce fut à prendre mais pas à laisser!

 

Voici un bref synopsis du film, que nous nous permettrons de raccourcir, afin de garder  la surprise en visionnant le film:

Les Chevaux de Dieu raconte l’histoire de Tarek, surnommé Yachine, ainsi que de Hamid. Comment va la famille ? Une mère tentant de subvenir aux besoins familiaux, un père malade, un frère soldat au Sahara ainsi qu’un autre, presque autiste. Hamid, embarqué dès son plus jeune age dans la galère de la criminalité, fut emprisonné. Son jeune frère et protégé, Yachine, enchaina quelques petits boulots mal rétribués pour sortir sa famille de la spirale inextricable de la pauvreté. Hamid sortit de prison, où il subit l’influence de l’univers Salafiste. Ainsi, il engagea son frère et ses amis dans cette voie, dont nous connaissons tous l’unique débouché : Il eut lieu en 2003.

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Nabil Ayouch mit la main au feu, il en toucha les braises : Entre dialogues populistes, homosexualité, viol, alcool, drogues, corruption, manipulation et enfin terrorisme, c’est tout « l’Univers d’en-bas », parfois relégué à l’indifférence, qui est mis en exergue. Inutile de cacher la misère, elle s’installera sur votre écran. Vous la verrez certainement, elle a rusé pour venir vous marquer de sa présence, au fer rouge, alors que vous étiez sur votre canapé. Le réalisateur ne se brula pas la main; La fumée que vous voyez émerger est celle de la honte. Pas la honte des misérables mais celle des autres, qui font perpétuer ce spectacle.

Grand opposant du concept du « Cinéma Propre », contre lequel il s’insurgea, Nabil Ayouch nous livre une leçon de morale, sous l’épaisse couche d’immoralité flottant sur sa réalisation: Il ne faut jamais juger. Les enfants qui deviendront kamikazes en 2003 eurent droit à un triste destin; Nous ne pouvons réduire leurs vies au seul instant du dernier déclic, organisé par des meneurs salafistes. Pour ne pas perdre le mince fil d’Arianne qu’est le réel, Nabil Ayouch alla jusqu’à visiter les lieux d’enfance des kamikazes, et recueillir des témoignages de leurs familles.

Ce film changera votre perception sur les tragiques attentats de 2003. Il est à visionner, assurément.

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